Mouvement des jeunes communistes
Le congrès est la plus haut instance du Mouvement des Jeunes Communistes. Il se réunit tous les 3 ans. On y élabore les principales orientations du mouvement pour les trois ans à venir. L’UEC se réunit au sein de la séance étudiante du congrès.
Séance étudiante du congrès de 2006



Introduction de la séance étudiante
du congrès 2006 du MJCF

Les réflexions du dernier Collectif National nous ont amené à nous pencher sur 2 aspects fondamentaux pour notre activité d’étudiants communistes : d’une part la conception que nous avons de notre organisation, l’UEC ; d’autre part notre relation au syndicalisme étudiant. Au vu de l’avancement du débat dans les secteurs, la coordination a préférée ne pas repartir des premières moutures des textes écris sur chacun de ces aspects, qui peuvent être considéré comme des documents d’animation. A partir d’une synthèse de toutes vos remarques, nous allons vous présenter en introduction les points essentiels qui sont apparus dans les débats des secteurs. Nous vous proposons donc de ne pas voter aujourd’hui sur de nouveaux textes mais de mener une discussion dans l’heure et ½ qui vient sur les principales problématiques identifiées. Nous pourrions confier au CN un mandat pour une écriture des textes qui serait basée sur nos débats. Nous vous proposons d’avoir ensuite un temps de débat sur nos directions pour procéder à leur élection.

Je vais introduire le texte sur l’UEC, Fabien Marion introduira le texte sur le syndicalisme et Manuel Blasco celui sur nos directions. Commençons donc par débattre de la visée de notre organisation, de sa place dans la société et dans le mouvement communiste, de nos moyens d’action et de notre démarche politique.

C’est de l’analyse de l’action révolutionnaire que nous avons à mener dont découlera la place de l’UEC dans la société et dans le mouvement communiste. Ainsi, cette question est en perpétuelle ré-intérrogation. La conférence nationale constitutive de l’Union des étudiants communistes s’est tenue les 1er et 2 avril 1939 : elle comptait alors mille adhérents et des groupes dans toute la France. Le principal combat de ces groupes était la lutte contre le fascisme, dans un contexte difficile lié aux accords de Munich. Dans la période récente, les étudiants communistes ont tenu une place fondamentale dans la lutte contre la guerre ou encore contre les attaques libérales contre le partage des savoirs. Ainsi, c’est à partir d’une analyse globale des enjeux actuels que nous devrons définir la place de l’UEC. Quels éléments peut-on pointer, dans le contexte actuel, pour affirmer l’importance de l’action d’une organisation politique étudiante pour dépasser le capitalisme ?

Enjeux dans l’enseignement supérieur et la recherche

- Le combat de la classe dominante pour contrôler et marchandiser les savoirs. La classe dominante, pour asseoir son pouvoir, cherche à contrôler la production et la diffusion des savoirs et à les marchandiser. Ainsi, elle tente d’opérer une redéfinition libérale des savoirs, de leur mode de transmission, ainsi que de l’organisation de l’enseignement supérieur, créant ainsi un enseignement supérieur à plusieurs vitesses. Pour cela, elle élabore et tente de mettre en place des mesures libérales (comme la réforme LMD1) aux conséquences catastrophiques pour les conditions d’étude (sélection sociale, autonomie financière des universités...) et de vie des étudiants (logement, soins, bourses...). Parallèlement, elle soumet la recherche à des critères de rentabilité qui freine la recherche fondamentale et donc, le progrès humain (comme la LOPRI2).

- Le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche au cœur du dépassement du capitalisme. A l’opposé des intérêts de la classe dominante, nous visons l’appropriation des savoirs par tous les individus, condition nécessaire d’un partage des pouvoirs. La révolution informationnelle offre aujourd’hui les potentialités concrètes de cette appropriation. La formation doit permettre a chacun de s’approprier les clés pour comprendre notre société, afin qu’ils aient la possibilité d’agir dessus pour la transformer. L’enseignement supérieur et la recherche doivent servir à l’émancipation de l’humanité tout entière et non pas être soumis aux exigences de rentabilité financière de quelques-uns. C’est pourquoi, la transformation de l’enseignement supérieur et de la recherche en de véritables services publics est, pour nous, un levier important pour dépasser le capitalisme.

- Nous sommes des millions ! En France, les politiques éducatives successives ont permis une massification de l’enseignement supérieur : le nombre d’étudiants est passé de 50 000 en 1920 à plus de 2 millions aujourd’hui. Parvenir aujourd’hui à rassembler ces millions d’étudiants autour de cet objectif serait donc une force majeure pour le mouvement communiste. Au vu des enjeux que je viens de redonner, il me semble que c’est un défi que nous devons réussir. Les libéraux voudraient formater à l’idéologie dominante les individus qui demain auront des postes à responsabilité dans notre société. Pour réaliser notre visée, pour l’émancipation humaine, nous ne pouvons l’accepter.

Place de l’UEC dans la société et dans le mouvement communiste

- L’UEC et ses combats Parce que le but de notre organisation est de contribuer au dépassement du capitalisme, nous sommes de tous les combats communistes. L’UEC n’est pas un syndicat. Notre but premier n’est pas la défense des intérêts communs des étudiants. L’UEC est une organisation politique. Notre but est de mettre en perspective les luttes pour rassembler les étudiants autour d’un projet global de société. Bien sûr, il y a des interactions entre champ politique et champ syndical. Ce sera l’objet du débat suivant. Dans les lieux d’enseignement supérieur, nous co-élaborons des propositions dans tous les domaines : propositions pour la justice sociale, pour la paix, pour l’emploi ou encore pour de nouveaux droits, notamment étudiants (Charte européenne des droits étudiants) et pour le service public d’enseignement supérieur (Loi pour la Réussite de tous dans l’enseignement supérieur - LRES).

- L’UEC et le projet de LRES Ce projet n’a de sens que parce que nous considérons que la transformation de l’enseignement supérieur et de la recherche en de véritables services publics est un levier pour dépasser le capitalisme. Le but de notre projet est, dans ce cadre, de permettre à chacun, sans distinction d’accéder à la formation qu’il souhaite et de réussir son parcours scolaire. Permettre cela, c’est contribuer à ce que chacun ait les moyens de s’émanciper et de participer au développement de l’humanité. Pour porter la LRES, nous avons décidé de lancer cinq chantiers qui nous paraissent essentiels à la réalisation de nos objectifs : Des moyens pour l’enseignement supérieur et les étudiants ; un système de formation pour la réussite de tous ; un statut pour les stagiaires ; un service public du logement ; le respect des droits étudiants. Ainsi développer des luttes autour de ces chantiers est indispensable pour la réalisation de notre projet.

- L’UEC, force de lutte contre le capitalisme Historiquement les étudiants ont montré qu’ils pouvaient jouer un grand rôle dans les mouvements sociaux. La récente lutte contre le CPE, dans laquelle des dizaines de milliers de jeunes en formation se sont investis et ont permis que des millions de citoyens descendent dans la rue, le confirme. Par son implantation sur les lieux d’étude, au plus près des étudiants, l’UEC joue un rôle moteur dans les luttes. C’est aujourd’hui la seule organisation politique proprement étudiante. Elle veille à impulser des mouvements visant à combattre les réformes libérales. Pour dépasser les enjeux sectoriels, les étudiants communistes considèrent comme centrale la mise en perspective des luttes auxquelles ils participent.

- L’UEC, boite à idées du mouvement communiste. Les étudiants communistes sont soucieux du travail de réflexion théorique nécessaire à la production politique. Ils contribuent à l’organisation de formations pour que les jeunes et étudiants communistes puissent s’approprier tous les débats, se forger une réflexion théorique et être force de propositions dans l’élaboration des orientations nationales du mouvement communiste, en particulier du MJCF. C’est bien ce travail qui doit permettre à l’UEC d’être un acteur de la production politique dans tous les domaines. C’est un support indispensable pour co-élaborer avec les citoyens (en particulier les étudiants), les syndicats et les forces progressistes une alternative crédible aux politiques libérales, une alternative qui rassemble les citoyens parce que sa réalisation est susceptible de réellement changer nos vies.

Moyens d’action et démarche politique de l’UEC

- S’organiser au plus près de la vie des étudiants Pour donner de la force aux luttes auxquelles nous participons et pour co-élaborer notre projet avec les étudiants, l’UEC se structure au plus près de leur vie. Pour combattre la volonté de mettre en concurrence les différents types d’établissements, les étudiants communistes s’organisent dans tous les lieux d’enseignement supérieur : à l’Université, dans les BTS, les écoles préparatoires et les grandes écoles... Les étudiants, nous l’avons dit précédemment, représente un enjeu idéologique pour les libéraux. C’est pour cela que ceux-ci ont peur des mouvements étudiants. C’est pour cela qu’une organisation politique comme la notre y a toute sa place. Les spécificités de la vie des étudiants, tant dans leurs lieux d’étude, dans les cités U, ou encore dans les institutions qui les représentent, nécessite qu’une organisation comme la notre soit présente au plus près de leur vie.

- Développer nos moyens d’action L’UEC détermine ses moyens d’actions en ayant comme principal objectif le rassemblement des étudiants. Diffusion de tracts, rassemblement, manif, grève, blocage, projection de film, pièce de théâtre, débats, sit-in… nous devons développer nos moyens d’actions pour permettre au maximum d’étudiants de s’approprier les débats politiques et de participer aux luttes.

- Permettre tous les modes d’engagements Nous devons permettre à chaque étudiant qui le souhaite de s’émanciper à travers la construction politique que nous portons et les valeurs que nous y associons, en particulier la solidarité. Ainsi, nous devons permettre tous les modes d’engagement : que l’on veuille participer à une diffusion de tract ou à un collage ; contribuer sur un sujet particulier ou organiser un débat sur son lieu d’étude. Chacun doit pouvoir trouver sa place.

- Contribuer à la diffusion des savoirs Parce que le partage des savoirs est au cœur de l’émancipation humaine et est un levier pour dépasser le système capitaliste, nous nous battons pour la diffusion de tous les savoirs, en particulier ceux que la classe dominante cherche à confisquer. Ainsi, nous nous battons pour la liberté d’expression, pour le pluralisme des médias, et en particulier pour la diffusion d’Avant-Garde, le journal de notre mouvement.

- Promouvoir le débat d’idées Parce que les lieux d’étude doivent être ouverts sur la société, les étudiants communistes y impulsent des débats politiques, en visant à associer le plus grand nombre à la réflexion. Nous voulons des lieux d’étude populaires ou la confrontation des savoirs et le débat d’idées à toute sa place, où lycéens, étudiants, jeunes travailleurs et plus généralement tous les citoyens peuvent s’exprimer.


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