Mouvement des jeunes communistes
Communiqué de presse de l’UEC
Arrêté licence : Une nouvelle offensive d’ampleur sur nos Universités
Comme le veut la coutume, l’été est l’occasion pour le gouvernement de faire passer en force ses mesures qui libéralisent et accroissent les inégalités entre Universités, entre les filières et entre les étudiants. Le 11 juillet a été adopté, dans le plus grand secret et sans aucune concertation, le nouvel arrêté licence par le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER).

Comme tous les éléments qui composent le marathon de réformes imposé par Sarkozy, qui déclarait en 2007 que l’Enseignement Supérieur serait le chantier majeur de son mandat, cet arrêté semblerait presque inoffensif. C’est pourtant loin d’être un simple amendement à la marge !!

Fini le cadrage national des diplômes de licence, finies les intitulés de diplôme en commun, qui sont sensés garantir à tous la reconnaissance des qualifications dans le monde du travail ! En absence de concertation et de cadrage national, adieu à toute possibilité d’équilibre de l’offre de formation sur tout le territoire !

L’arrêté prévoit une augmentation du volume horaire à 1500 heures, ce n’est pas une mauvaise chose en soi, bien au contraire. Mais dans un contexte de casse de notre système d’aides sociale, cela va laisser sur le carreau les étudiants qui sont chaque année plus nombreux à être obligés de se salarier pour financer leurs études. De plus, aucun cadrage national des contenus de cours, de la répartition entre Cours Magistraux,TD, TP n’est formalisée... La place est encore davantage cédée aux inégalités entre Universités et à l’arbitraire ! Dans l’Enseignement Supérieur de Valérie Pécresse, c’est 50% de taux d’échec en première année. Laurent Wauquiez battra-t-il le record ?

Plus grave encore, l’arrêté, en plus de fragiliser les passerelles existantes entre Licence et Master, institutionnalise les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur. Il est fait référence à la création de filières d’excellence avec des "conditions spéciales d’admission". La sélection fait donc son entrée en licence à l’Université.

Il va sans dire qu’avec Laurent Wauquiez, l’ancien Ministre du chômage, de la précarité et du travail gratuit, le patronat fait main basse sur nos formations : généralisation des stages à tous les niveaux, présence systématique de "professionnels" dans tous les cursus et filière ou pour des "conseils de perfectionnements"...

Les évolutions des contenus de formation (volume horaire minimum de 1500 heures, enseignants référents, tutorat, ...) impliqueraient des moyens supplémentaires alors qu’aucun effort budgétaire – notamment en terme de création d’emplois – n’est prévu. Leur mise en œuvre sera donc entièrement financée par des "mutualisations" entre filières ou bien par la fermeture de formations. De même, en l’absence de moyens pour l’enseignement, les Universités devront avoir recours massivement aux enseignants précaires (vacataires).

Cette politique, c’est celle de l’aggravation de la précarité et des inégalités de classe à l’Université, c’est celle de la soumission des Universités aux exigences de rentabilité et de compétitivité pour 10 pôles Universitaires en l’échange de quelques miettes, et l’asphyxie financière pour toutes les autres, c’est celle qui transforme nos Universités en usine à travailleurs précaires.

Les étudiants communistes restent déterminés à s’opposer et à résister contre la politique de destruction du service public d’enseignement supérieur. Nous continuons à défendre une Université au service de notre émancipation et des besoins sociaux !

Marion Guenot

Secrétaire Nationale de l’UEC


contact | Logiciels libres | L’Humanité | Plan du site
MJCF : 2, pl de Colonel Fabien 75019 PARIS - télephone : 01.40.40.12.45