Ce jeudi 25 mars, nous étions une centaine de personnels et d’étudiants mobilisés du CROUS, issus des CROUS de toute la France, réunis à l’Université de Paris III - Censier, pour dénoncer le désengagement financier de l’Etat, qui est la première cause du délabrement des résidences Universitaires, de l’augmentation des loyers et du prix du ticket de restauration Universitaire, mais aussi de la pénurie de personnels.
Cette rencontre a été l’occasion de faire un point de la situation, et de renforcer nos liens avec les personnels ouvriers de la CGT-CROUS. Voilà deux mois que nous nous mobilisons à leurs côtés, et aux côtés des syndicats et associations étudiantes, mais rien n’a changé :
Le constat de pénurie de logements sociaux étudiants reste accablant : alors que dans les années 60, 30% des étudiants bénéficiaient d’un logement universitaire, seuls 7% des étudiants en bénéficient aujourd’hui. Et pour les autres, des logements insalubres : « Selon l’avis sévère de l’ancien directeur du CNOUS, le tiers des Cités Universitaires peuvent être considérés comme des taudis dangereux et mal entretenus, du fait notamment de l’insuffisance des crédits de gros entretiens. » (Rapport du Sénat en 2003)
La pénurie de personnels est autant une conséquence du désengagement financier de l’État que la principale cause de la dégradation des logements Universitaires. A cause de la pénurie de personnels, ceux-ci voient leurs missions s’accroître, parfois à la limite de la légalité.
Ils subissent beaucoup de pression et de harcèlement moral, car ils font office de « tampon » entre les étudiants et les directeurs de CROUS. « Les directeurs de CROUS gèrent les OEuvres Universitaires comme si c’était la ferme de leur père ! » nous a confié un ouvrier.
Les syndicats présents ce jour-là, excédés par le gouvernement qui fait la sourde oreille, et par Pécresse, trop occupée à justifier son échec au élections, ont décidé, avec notre soutien, de saisir le CNOUS.
C’est la raison pour laquelle, à 14h ce même jour, nous avons littéralement envahi le siège social du CNOUS, où nous avons vu le directeur du CNOUS, qui malgré son lourd salaire, n’était pas, selon ses dires " compétent", pour quoi que ce soit concernant nos conditions de vie ou de travail au sein du CROUS, et qui a fait preuve d’une mauvaise foi et d’un mépris scandaleux à notre égard.
Pécresse a été contactée, et sa réponse a été l’envoi des forces de l’ordre. Nous sommes effectivement finalement partis à 20h, sous escorte de plus d’une centaine de CRS.
Ce n’est qu’un début ! Nous affirmons notre détermination à lutter pour la défense de notre service public, pour améliorer nos conditions de vie, et de travail ! Nous ne négligerons aucun moyen pour faire plier le gouvernement : grève des loyers comme à Lille, actions Resto’U gratuit comme à Grenoble, réunions de résidents comme en région Parisienne...