Mouvement des jeunes communistes
Des étudiants bloquent l’IUFM de Créteil
Masterisation : les enseignants-stagiaires se font flouer !

« Les étudiants se sentent lésés, dupés. Il se sont engagés dans une voie en pensant bénéficier d’une rémunération lors de leurs stages obligatoires et au total, certains n’auront rien et d’autres n’auront pas la somme promise de 3 000 euros », indique à l’AEF Didier Frydman, professeur formateur à l’IUFM de Créteil, mardi 11 janvier 2011. 150 étudiants et formateurs se sont réunis en assemblée générale, décidant du blocage de l’antenne de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) de l’IUFM de Créteil ce mardi. « Nous avons appris quelques jours avant Noël que les étudiants non-admissibles ne seront pas rémunérés et que les étudiants admissibles ne le seront qu’à hauteur de 1 900 euros au lieu des 3 000 euros prévus », explique Didier Frydman. Sur 230 étudiants en M2 « éducation et métiers de l’enseignement du premier degré », 150 sont admissibles et 80 sont non-admissibles.

La circulaire n°2009-109 du 20 août 2009 indique que les étudiants de M2 sont destinataires de stages en responsabilité, groupés ou filés, de 108 heures, rémunérés à raison de 34,30 euros brut de l’heure, soit une rémunération nette d’environ 3 000 euros. « Certains étudiants, comptant sur ce pécule, sont allés jusqu’à démissionner de leur emploi. D’autres, les étudiants salariés non admissibles, devront demander, sans garantie de l’obtenir auprès de leur employeur, un congé sans solde pour effectuer un stage obligatoire … gratuit », déplore Didier Frydman. Le collectif d’étudiants et formateurs exige « le respect des engagements pris » : « un cursus identique pour tous (quels que soient les projets professionnels de chacun) et donc un stage identique pour tous rémunéré pour tous à hauteur des promesses faites par l’administration ».

A cela s’ajoute en 2011 l’impossibilité pour les enseignants-stagiaires de travailler dans de bonnes conditions. Avec la mise en place de la réforme, les 8.604 professeurs débutants du second degré se sont retrouvés dès la rentrée à plein temps et sans aucune formation pédagogique - l’année en alternance en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ayant été supprimée.

Sur le papier, la réforme prévoyait que chaque prof stagiaire soit encadré et guidé par un tuteur, enseignant expérimenté de préférence. Mais la réalité est tout autre : à la rentrée, 139 stagiaires n’avaient pas encore de tuteurs dans 12 académies !

Châtel et Valérie Pécresse restent bien silencieux face aux conséquences d’un décret pourtant adopté et appliqué à marche forcée ! Étudiants et enseignants d’Universités et d’IUFM s’étaient mobilisés en 2009 mais le gouvernement est resté sourd à nos revendications, nos inquiétudes, et fidèle à son calendrier au mépris de tout bon sens ! Modalités d’admission, stages, rémunération, les étudiants souhaitant devenir enseignants subissent de plein fouet la casse du service public et le système a deux vitesses initié par la LRU.

Les étudiants communistes dénoncent la politique de ces ministères trop occupés à vouloir détruire le métier d’enseignant, et incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. Ils continuent de nous faire courir à la catastrophe !


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