"Alors que les lycéens sont en vacances, saurons-nous prendre le relais ? Les deux derniers mouvements contre la LRU ont marqué les esprits : mobilisation rime avec échec à l’examen, avec violences policières et sanctions disciplinaires. Pour autant, des AG aussi massives réunies dans toute la France, plus de 15 jours après le début des cours, avec comme point de départ le fait que cette loi est un danger et qu’il faut se mobiliser, c’est déjà du jamais-vu. Contrairement aux mouvements sur le CPE ou la LRU, qui avaient déchaîné les passions, les étudiants sont pour la plupart d’accord avec nous, mais ont des difficultés à se mobiliser.
A la fac, en dehors des journées de mobilisation, nous organisons des débats, des rencontres avec les salariés. Avec la banalisation des cours, nous libérons la parole sur les conditions d’études, sur l’accès à l’emploi. On voit bien que le discours de la droite ne prend plus : Valérie Pécresse se vante dans les médias pendant que les plus démunis d’entre nous vont étudier le ventre vide. Nos idées, notre projet touchent. Nos conditions de vie portent vraiment à penser que le moindre de nos besoins (avoir un logement, étudier dans de bonnes conditions, trouver un emploi stable ensuite...) appelle à un changement radical de société.
Les étudiants qui commencent tout juste à se mobiliser, par exemple dans ma filière, sont déterminés et souhaitent continuer, même si la loi a été adoptée. Ils sont conscients qu’après les retraites, il y aura d’autres réformes, et qu’il faut mettre un coup d’arrêt dès maintenant. C’est primordial car cela peut redonner espoir à des générations entières de jeunes touchés par le fatalisme et l’isolement. Au-delà de la question des retraites, il faut se réapproprier nos lieux d’études, et recréer du commun. Ce combat est le nôtre, on n’a pas dit notre dernier mot !"
Marion Guenot, 22 ans ,
secrétaire nationale de l’UEC,
étudiante en master 1 sciences politiques à Paris-VIII, Saint-Denis.