C’est dans ce contexte que l’Observatoire de la Vie Étudiante tire la sonnette d’alarme sur la baisse du nombre d’enfants d’ouvriers et d’employés à l’Université. Les plus démunis sont de plus en plus éjectés de l’Enseignement Supérieur, et les autres toujours plus nombreux à être obligés de se salarier. De la LRU au plan campus, en passant par la réforme des CROUS, voilà le bilan de Pécresse, qui a mis les patrons, les propriétaires privés aux commandes de l’Université et de notre système d’aides sociales. Les étudiants issus des classes populaires n’ont jamais été aussi peu nombreux, nous n’avons jamais autant subi le chômage et le déclassement à l’embauche. Nous refusons de voir l’Université devenir une usine à travailleurs précaires et corvéables à merci ! Avant d’accéder au travail précaire, on nous fait passer par la case...précarité ! Alors que le logement est le premier besoin d’un étudiant qui fait ses premiers pas dans l’autonomie, il est aujourd’hui largement soumis aux lois du marché. On est donc obligé de se plier aux règles des bailleurs privés : lourdes cautions, impératif d’avoir des garants bien payés... pour avoir accès à des appartements souvent de mauvaise qualité, à des loyers hors de prix ! On ne compte plus les agences, véritables parasites inutiles, qui s’en mettent plein les poches au passage... Cet hiver Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, a expliqué, la larme à l’oeil, qu’on ne saurait laisser les étudiants à la rue en cette période de grand froid. La droite se la joue grande charité face caméra mais, dans le secret des bureaux, elle organise la galère des centaines de milliers d’étudiants mal logés, au plus grand bénéfice des spéculateurs immobiliers.
La politique du gouvernement : soumettre les CROUS aux logiques de rentabilité ! La stratégie est la même que celle appliquée aux universités avec la LRU (Autonomie des Universités, adopté en 2007). Depuis bientôt dix ans, la droite orchestre le désengagement financier de l’Etat. En parallèle, on transforme la « gouvernance » des CROUS en excluant les étudiants et les personnels de la prise de décisions en renforçant le pouvoir du directeur du CROUS (nommé par le recteur et donc indirectement par l’État), des entreprises et des collectivités. Résultat : des technocrates, formés à la sauce libérale et totalement déconnectés des réalités sociales étudiantes, « gèrent la pénurie ». Les nouveaux mots d’ordres sont rentabilités, attractivité, compétitivité : les inégalités territoriales se creusent...
LES CONSÉQUENCES SE FONT SENTIR SUR TOUS LES CHAMPS DE L’ACTION DU CROUS.
- SUR LA RESTAURATION, c’est
l’augmentation des tarifs avec
alignement sur la restauration
privée (voir, dans certains cas, plus
cher !). Il s’agit de faire de
l’emplacement des resto-u un atout
commercial, au détriment du rôle
social du Service Public !
SUR LE LOGEMENT, c’est le glissement vers les logiques du
privé : quand on rénove ou construit du neuf, on augmente la
taille des chambres et le confort, en contre-partie les loyers
vont jusqu’à doubler. En parallèle, les cité-u à forte capacité
sont laissées à l’abandon, pour ensuite être rasées. Et ce qui
change, c’est le public pour qui est destiné le logement
étudiant : les plus démunis n’y ont plus accès faute de moyens !
Focus sur la politique du logement et les APL En 1977, le gouvernement de droite de l’époque réoriente totalement la politique du Logement de l’État. Alors que depuis la fin de la guerre, les financements vont à la construction de nouveaux logements, il s’agit maintenant d’aider les locataires et les « futurs propriétaires ». D’un coté, on instaure les APL, aide universelle calculée en fonction des revenus et du loyer. De l’autre, on met en place un ensemble de crédits pour permettre aux famille d’accéder à la propriété. 30 ans après, cette politique est un double-fiasco d’un point de vue social. L’illusion de l’accès à la propriété par le crédit a révélé ses dangers avec la crise, des centaines de maisons étant saisies et leurs occupants jetés à la rue ! Quand aux APL, dans un marché locatif largement dominé par les bailleurs privés, n’ont fait que pousser ces derniers à augmenter toujours plus les loyers (c’est comme ça que le prix du mètre carré a littéralement explosé pour les petites surfaces, occupées par des étudiants sans revenus et donc à très fortes APL...). Et la fin des politiques de construction crée une situation de pénurie, qui leur permet de tirer encore les loyers vers le haut...
Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une fatalité, d’autres choix sont possibles. Là où la soumission aux logiques du marché démontre chaque jour qu’elle est synonyme d’inégalités et d’exclusions, nous y opposons le bien public. Ce combat que nous menons en tant que Communistes n’est pas seulement idéologique, c’est aussi une question d’efficacité : c’est le seul moyen de satisfaire pleinement nos besoins sociaux ! Un Vrai Service Public, pilier d’un Statut Social pour les jeunes travailleurs en formation ! Parce que l’ensemble des besoins fondamentaux d’un étudiant doivent être sortis de la domination du marché, nous défendons la remise sur pied du Service Public des CROUS ! Non seulement pour améliorer l’existant, mais il faut aussi étendre son champs d’intervention : épiceries sociales permettant d’accéder aux produits de bases, espaces culturelles gérés par les étudiants... Cette modernisation passe par l’attribution de moyens financiers à la hauteur des enjeux, mais aussi par une véritable démocratisation vis-à-vis des usagers, les étudiants. En effet, seule la gestion collective par les premiers concernés permet réellement au Service Public d’être au plus près de leurs besoins. Là où le secteur privé a pour vocation, par nature, de dégager un profit sur notre dos, cela assurerait une optimisation des coûts pour la société tout en assurant l’accès à tous ! La Nationalisation du logement étudiant : une priorité ! Alors que le logement est aujourd’hui le besoin le plus fondamental, c’est aussi le plus cher. Il est urgent de le sortir des logiques de marché, pour en finir avec la spéculation et le mal-logement ! Et le seul moyen d’en faire véritablement un bien public, c’est la nationalisation et la gestion démocratique : la socialisation . Notre objectif est qu’une large majorité d’étudiants puissent être logés dans un parc social diversifié et de qualité, à bas loyers. Cela s’articule autour d’une politique forte pour :
La reprise par le CROUS des résidences privées. Alors qu’elles ont bien souvent reçu des financements
publiques lors de leur construction, elles servent aujourd’hui les intérêt des spéculateurs privés. En transférant
leur propriété au CROUS, on double déjà le parc social, en y intégrant des logements souvent de bonne qualité.
La fin des Partenariats Public-Privé. Aujourd’hui, de nombreuses résidences gérées par le CROUS sont
partiellement ou totalement propriété du privé, et le Service Public n’est que locataire. En mettant fin à cette
absurdité par un transfert de propriété total, on garantie une réelle maitrise de ces logements par le Service
Public, et une baisse considérable des coûts.
La réquisition des studios étudiants. Bien des propriétaires disposent de logements « spécial étudiant »
(individuels ou colocation), ce qui leur permet de pratiquer des tarifs indécents. Ils se sont assez gavés sur notre
dos, il est temps d’y mettre fin en récupérant ces logements pour les intégrer au Service Public.
Enfin, on ne peut se passer d’une politique ambitieuse de construction nouvelle et diversifiée, pour répondre
aux attentes de chacun. Des rénovations doivent également être menés d’urgence sur la partie du parc qui date
des années soixante, et qui est aujourd’hui à l’abandon.
Un telle politique n’a évidemment de sens que si elle est accompagnée d’une réelle
démocratisation à tous les échelons. En effet, pour qu’il soit efficace, étudiants et travailleurs
doivent être au cœur de ce service public !
UN OUTIL POUR LA RÉSISTANCE : NOTRE ORGANISATION !
Les étudiants communistes lancent une grande bataille sur le Logement et
le Service Public Social. Même si nous avançons des grandes lignes, notre objectif
n’est pas de porter des solutions toutes ficelées. Et c’est pour cela que nous
t’invitons à participer activement à cette dynamique, pour en définir à nos cotés les
contours !
Aujourd’hui, nous voulons aller au delà du constat de la pénurie de
logements, et des inégalités de classe à l’Université. Les étudiants communistes ne
veulent pas se contenter de réclamer plus de logements pour les étudiants.
Aujourd’hui, ces logements existent, mais sont aux mains des bailleurs privés qui
s’engraissent sur le dos de la galère étudiante organisée par le gouvernement.
Il existe une alternative à la charité que nous propose la social-démocratie,
et à la précarité dans laquelle nous plonge le gouvernement. Cette alternative, c’est
la propriété collective du logement, par et pour les étudiants et travailleurs !
Signe la pétition pour la nationalisation du logement étudiant