La mesure phare est l’institution d’un volume horaire minimum de 500h de cours chaque année. Cette mesure, dans un contexte d’aggravation de la précarité étudiante, mettrait rapidement sur la touche les étudiants qui sont contraints de se salarier pour financer leurs études, soit plus d’un étudiant sur deux, d’autant plus que le dernier rapport de l’Observatoire de la Vie Étudiante souligne déjà que plus de 40% d’entre nous se sentent totalement débordés. Ce n’est évidemment pas le soucis de la Ministre, de permettre à tous d’étudier dans de bonnes conditions, ni celui du Figaro, qui commentait l’annonce ce matin : « Fini donc les emplois du temps (…) qualifiés de « gruyère » par les étudiants. Même s’ils laissent en contrepartie plus de place pour(...) la douceur de vivre. » (sic !)
Pour répondre aux besoins des entreprises, la ministre prévoit de généraliser les stages dès la première année de licence pour « doper » nos cursus. En réalité, loin de les doper, cette forme bien particulière de salariat permet aux entreprises de disposer de salariés sous voire même non-rémunérés, et dispense de l’embauche, dans le cadre de CDI notamment.
Enfin, sur les moyens mis à disposition pour l’application de cette réforme, c’est le flou total. L’embauche d’enseignants et de personnels qui est aujourd’hui plus que nécessaire n’est donc pas envisagée. Il s’agirait plutôt de « rationnaliser » les filières et les effectifs. Autrement dit, ce sont les Universités qui vont assumer le coût de cette réforme, aggravant encore les inégalités entre Universités. Pour les étudiants communistes, ces mesures ne visent qu’à amplifier les politiques libérales qui font de l’Enseignement Supérieur des lieux de reproduction sociale. Nous continuons à nous mobiliser contre ces logiques qui vident nos formations de tout contenu émancipateur, les transformant en usines à travailleurs précaires !
Marion Guenot
Secrétaire Nationale de l’UEC