Cette jeunesse dont Rama Yade prétend se faire le porte voix, connaît une situation de précarité sans précédent. De la LRU en passant par la casse des CROUS, depuis que son parti au pouvoir a placé le patronat aux commandes de l’Université, nous n’avons jamais eu autant de difficultés à nous loger, nous n’avons jamais été autant au chômage puis déclassés à l’embauche. Sur le dernier rapport alarmant de l’OVE, silence radio. « Cette jeunesse au travail qui ne manifeste pas », c’est surtout cette jeunesse exploitée qui subit de plein fouet l’individualisation de nos conditions d’études, qui se soumet aux emplois précaires pour subsister et qui vient étudier le ventre vide. Pour lutter à l’Université, encore faut-il avoir vraiment les moyens d’étudier !
Contrairement à vous Madame la politicienne, nous ne voyons pas les étudiants comme des « travailleurs potentiels ». Justement parce que nous sommes ces étudiants qui se tuent déjà au travail pour financer leurs études, et qui ne veulent pas se soumettre aux fluctuations de l’économie capricieuses de marché ! Votre parti détruit la reconnaissance de nos diplômes dans les conventions collectives, transformant nos qualifications en vulgaires cartes de visites individuelles ! Contrairement à vous, si nous n’avons pas les moyens de faire de beaux discours, c’est que nous en subissons les conséquences. « Travailleurs potentiels », qu’est-ce que cela veut dire ? La précarité pour la majorité d’entre nous, et le chômage pour les autres ?
Justement parce qu’on ne « construit pas le monde de demain avec des idées d’hier », les étudiants communistes, jeunes travailleurs en formation veulent construire une Université au services des besoins sociaux, et non pas aux exigences d’une poignée d’investisseurs locaux ! Les étudiants communistes veulent faire l’Université un lieu d’émancipation, plutôt qu’une usine à travailleurs précaires !
Pour rompre le pessimisme que vous prétendez déplorer, les étudiants communistes ne proposent pas à la jeunesse d’être les « arbitres de la démocratie », pas plus que de rester sur la touche ! Nous allons à l’offensive, car ne vous en déplaise, nous voulons prendre place sur le terrain !
Marion Guenot Secrétaire Nationale de l’UEC