Ce rapport s’articule en 8 parties, 8 chantiers pour améliorer la restauration universitaire :
1. Aménager les marchés publics
2. Poursuivre l’amélioration de la qualité culinaire
3. Éduquer les étudiants au bien manger (diététique, goût)
4. Réformer la politique tarifaire
5. Réduire les files d’attente
6. Créer des boutiques de proximité
7. Favoriser les animations
8. Nommer un chargé de mission qualité
Aménager les marchés publics :
Le CROUS, en tant qu’Etablissement Public Administratif, passe des marchés globaux pour toutes les denrées alimentaires. Ces denrées subissent donc souvent de très longues distances et les denrées telles que le pain ou l’huile subissent des hausses brutales de tarifs dues aux fluctuations du marché. Qu’à cela ne tienne ! Le rapport préconise de s’en accommoder, en proposant de créer des marchés segmentés, régionaux, en lien avec les producteurs locaux. Loin de chercher à améliorer le marché public national, il s’agit plutôt de l’éclater en plusieurs petits marchés ouverts au privé.
Poursuivre l’amélioration de la qualité culinaire et éduquer les étudiants au bien manger !
Même si le rapport évoque rapidement l’influence qu’a le nombre de personnels sur la qualité de la restauration, cette variable disparaît quand il s’agit de proposer pour améliorer nos repas : panneaux lumineux, guide du routard des resto U, réduire les portions servies, tout est bon pour contourner la nécessaire embauche et création d’emplois de personnels ! On retrouve l’apport de Jean-Pierre Coffe dans ce rapport qui nous livre des conseils culinaires, et ne manque pas de vouloir nous éduquer à la diététique et au goût : "L’enseignement supérieur forme peut‐être des savants, mais des indigents du goût et du plaisir !" Ben voyons !
"Etudiants issus des classes les plus défavorisés, salariés, dans une situation sociale de plus en plus précaire, qui nous cantonne au régime pâtes nature, ces messieurs ont la solution à tous nos problèmes !"
Il s’agit de nous diffuser des messages positifs et incitatifs sur panneaux lumineux afin de nous faire réfléchir sur notre attitude alimentaire, salauds d’étudiants précaires et mal-nourris que nous sommes. Le rapport préconise enfin de faire revenir le vin dans les boissons du CROUS, et ce, pour lutter contre l’alcoolisme chez les étudiants (sic !)
Réformer la politique tarifaire :
Actuellement, le prix du repas s’élève à 2, 90 euros, le coût de production d’un repas s’élevant à 5 euros environ et étant financé en partie par l’état (voir articles précédents).
Le rapport préconise de moduler les tarifs en fonction des revenus des étudiants et de leurs familles : ainsi les boursiers continueraient à payer 2.90, et les autres pourraient payer jusqu’à 5 euros (soit supporter l’ensemble du coût de production du repas !) Ainsi, les étudiants issus des classes intermédiaires dans une situation de précarité même relative, qui n’ont pas accès à la bourse se retrouveraient obligé de payer leur ticket de resto U au même prix que dans le privé !
Réduire les files d’attente :
En dépit du bon sens, la nécessité d’embaucher des personnels n’est même pas évoquée. Il s’agirait plutôt d’étendre les horaires d’ouverture des services, dans la logique du travailler plus pour gagner plus : "notons que les sites universitaires accueillant l’été des étudiants étrangers peuvent offrir aux personnels des CROUS qui apprécient cette possibilité des primes substantielles pour travail estival." Pour réduire les files d’attente, il suffit de réorganiser et optimiser les locaux et les effectifs de personnels, et aménager les plannings de cours avec les Universités.
Les boutiques de proximité : Ces boutiques de proximité qui ouvriraient en soirée, permettraient aux étudiants de trouver des produits de première nécessité. Mais à raison des tarifs évoqués (5 euros par repas), ces prix ne diffèrent guère de ceux des épiceries ou autres commerces privés.
Favoriser les animations et créer un chargé de mission qualité :
On nous propose la création de clubs de cuisiniers, mais pas un mot sur les associations culturelles et d’étudiants étrangers, qui existent déjà, par et pour nous et qui font de l’Université un lieu de vie. Ces associations et initiatives militantes auxquelles nous prenons part et que nous soutenons car grâce à elles, les étudiants sont acteurs de leur service public. Idem pour le chargé de mission qualité, qui animerait un site internet et présiderait un conseil de qualité avec les directeurs de CROUS, ce qui exclut toute possibilité pour nous, étudiants de s’investir dans la vie et la politique des Oeuvres Universitaires.
En bref, ce rapport s’imbrique à la perfection dans la politique du gouvernement et du plan Campus, qui s’appuie sur des pôles de compétitivité pour laisser les autres Universités à l’abandon. Autonomiser, ouvrir au privé, augmenter les tarifs, voilà la politique du gouvernement, et ce, à tous les niveaux !
Vous trouverez ci joint le rapport PITTE/COFFE