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11 novembre : commémorons la mémoire de la manifestation du 11 novembre 1940.

le 10 novembre 2011

« Étudiant de France. Le 11 novembre est resté pour toi jour de Fête nationale. Malgré l'ordre des autorités opprimantes, il sera Jour de recueillement. Tu n'assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat inconnu à 17 h 30. Le 11 novembre 1918 fut le jour d'une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d'une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que vive la France. Recopie ces lignes et diffuse-les. ».

C'est ce qu'écrivent les lycéens et étudiants communistes. Cette première grande manifestation rassemblera près de 3 000 lycéens et étudiants qui se sont retrouvés face à l'armée allemande. Cet épisode aura comme conséquence immédiate la répression et l'arrestation de responsables communistes. Qu'est-ce qui permet alors à ces jeunes, alors que tout semble désespéré, de voir dans cette manifestation, à laquelle ils participent au péril de leur vie, un espoir, le signal de la victoire, de la libération du joug nazi ? Cette première provocation marque le début d'un rassemblement chaque jour grandissant d'étudiants et de lycéens, s'organisant en comités contre la déportation, en comités d'autodéfense, organisant des manifestations, des provocations et des mouvements insurrectionnels.

Plus de 70 ans après, nous sommes là, debout comme eux, ce n'est plus la barbarie nazie, mais la menace d'une droite et d'une extrême droite populistes, le manque de moyens pour vivre dignement, ce n'est plus l'occupation militaire de notre pays, mais la main-mise d'une poignée de patrons et de financiers sur nos vies qui nous font descendre dans les rues ! En ce mois de novembre, commémorons ces jeunes lycéens et étudiants. Commémorons pour nous réapproprier notre mémoire, à l'heure où ce gouvernement se l'accapare, voulant la vider de tout contenu d'émancipation. Commémorons pour mieux résister aujourd'hui !

Continuons le combat contre cette réforme des lycées injuste, continuons le combat contre la répression de l'engagement politique et syndical, contre les inégalités de classe à l'Université, et ces politiques qui font de nos lieux d'étude des usines à travailleurs précaires, continuons le combat pour l'accès de tous à un savoir d'émancipation. Nous voulons connaître le combat de nos camarades, car résister, ce n'est pas s'arc-bouter sur l'existant, ce n'est pas avoir un boulot à n'importe quel prix. C'est refuser l'avenir qu'on nous prépare fait d'injustices, d'inégalités et de précarité généralisée. Faire vivre la Résistance aujourd'hui, ce n'est pas courber l'échine face au recul de civilisation qu'on nous impose. On a sans doute raison de penser qu'en 2011 les étudiants et lycéens de France s'appellent toujours résistants ; c'est bien pour ça qu'ils sont toujours plus dans la rue, chaque jour davantage mobilisés pour défendre leur avenir !