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Annulation immédiate de l'accord de coopération policière franco-turque !

 
 

le 24 avril 2013

 
 

L’assassinat politique des trois militantes kurdes au coeur de Paris vient nous rappeler le lourd tribut que ce peuple paie depuis des décennies dans l’indifférence, pour faire reconnaître ses droits politiques et culturels. Il a suscité la stupeur, l’indignation et la colère. Maintenant nous savons que les forces d’extrême droite turques, hostiles aux négociations engagées ces dernières semaines, ont voulu briser cet élan. Le gouvernement français porte une lourde responsabilité. L’enquête pour arrêter le ou les assassins, débusquer les commanditaires et les condamner, doit être conduite en toute indépendance et menée à son terme. La France doit la vérité aux familles, au peuple kurde, à tous les amis du peuple kurde en France, aux citoyennes et citoyens français épris de démocratie. Les circonstances imposent, par ailleurs, d’assurer la protection des associations et militants kurdes qui reçoivent, depuis cet assassinat, de nouvelles menaces. Or, nous sommes inquiets.
 
L’ancien ministre de l’Intérieur de Sarkozy, Claude Guéant, a signé, en octobre 2011, un accord de coopération sécuritaire sur le dos du peuple kurde avec la Turquie. De nombreux militants kurdes et turcs sont arrêtés sur notre territoire. Leurs locaux sont saccagés par la police française et leurs associations interdites. Cet accord entend intensifier les arrestations et étouffer leurs revendications. Il vise à accélérer l’extradition de militants du PKK, qui mènent un combat contre la discrimination et le déni de l’identité kurde. Pour approbation de cet accord, un projet de loi a été déposé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 1er aout 2012, à l’Assemblée nationale.
 
Le cas de Sevil Sevimli est symptomatique de la répression que subissent les opposants au régime d’Ankara. Partie en Turquie dans le cadre du programme erasmus, cette jeune étudiante a été récemment condamnée à 5 ans de prison pour avoir exercé ses droits démocratiques. En Turquie, on compte plus de 900 étudiants parmi les milliers de prisonniers politiques.
 
Il serait criminel de livrer ces démocrates à un régime qui viole ouvertement les droits humains, pratique quotidiennement les arrestations, la torture et les assassinats.
 
Avec le Parti communiste français et l’Union des étudiants communistes je demande :
 
- le retrait immédiat de l’accord de coopération policière Guéant/Fabius, anti-kurde, indigne de notre démocratie française
 
- la cessation immédiate des opérations de police contre les militants kurdes, turcs et leurs associations ainsi que la criminalisation de leurs actions, auprès d’une justice d’exception
 
- que l’enquête sur l’assassinat des trois femmes kurdes soit menée jusqu’au bout, la France doit vérité et justice
 
- l’acquittement de Sevil Sevimli, étudiante franco-turque de retour en France grâce à la solidarité internationale, mais condamnée à 5 ans de prison pour avoir exercer ses droits  démocratiques
 
- au gouvernement français de mettre ses accords économiques au service de la paix et d’encourager une issue politique à ce conflit ; cette issue passe par la libération des milliers de prisonniers politiques, élus, journalistes, avocats, étudiants, collégiens, enfants
 
- que cette issue politique passe par la libération d’Abudulah Öcalan, interlocuteur incontournable pour faire aboutir les négociations de paix. La France doit agir avec ses partenaires européens pour que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne

 

 

Annulation immédiate de l'accord de coopération policière franco-turque !