MJCF UEC Avant-Garde Facebook Twitter Youtube

UEC

UEC

Pour réussir mes études, le salaire étudiant !

 
 
 
 

Un salaire pour les étudiants

À tous égards, le système de bourses, qui propose aux étudiants et à leurs familles une allocation complémentaire, est obsolète. Les augmentations en nombre et en montant mises en oeuvre par le gouvernement ne masquent même plus la stagnation dans laquelle nous sommes enfermés. En effet, il faudrait déjà que les étudiants aient des ressources pour qu'on leur propose une allocation complémentaire : ils n'en ont pas, et c'est bien ce qui les voue de plus en plus largement à l'échec.

Les étudiants se forment pour devenir salariés, fonctionnaires, ou bien encore, depuis les réformes récentes, auto-entrepreneurs... et en réalité ils travaillent déjà. C'est bien ce qu'ils disent, et c'est bien ce que nous disons, lorsqu'ils demandent que les années d'études soient prises en compte dans le calcul de la retraite : le temps d'études, le temps de l'apprentissage, de la révision, de la production de savoirs et de savoirs-faire, fait partie de la vie professionnelle. Il doit être considéré comme tel. C'est bien ce qu'ils disent, lorsqu'ils exigent que leurs stages pédagogiques soient rémunérés à la hauteur de leurs qualifications. Leur formation constitue un travail, utile à la société et au pays. Surtout, c'est bien parce qu'ils ont besoin d'un salaire pour étudier, qu'ils vont en chercher un chez Mac Donald's ou chez Acadomia. Et c'est bien ce que signifie l'interruption prématurée de leurs études, tout particulièrement ces jeunes femmes qui sortent plus tôt du système universitaire pour garantir un salaire à leur couple et permettre à leur conjoint de s'essayer aux plus hauts niveaux de qualification.

Les étudiants travaillent, mais leur travail n'est pas reconnu. C'est vrai de l'ensemble des étudiants, et ça l'est également des alternants, qui sont payés bien en-deçà du travail qu'ils fournissent. Cette situation nous empêche de nous former, nous met en échec et, avec nous, contraint des branches professionnelles entières à la stagnation. On pense particulièrement aux filières les plus exigeantes, qui ne permettent pas de cumuler la journée de travail universitaire avec une autre journée, dans la restauration, dans les cours à domicile, dans les saisons. Imaginons une seconde que les dispositions sociales de la formation continue soient aussi archaïques : combien de salariés suivraient ces formations, s'ils devaient renoncer à leur salaire, s'ils devaient prendre un petit job en parallèle pour les assumer ? On pense également aux étudiants en reprise d'études, qui sont sommés de choisir entre la poursuite de leur carrière professionnelle et l'approfondissement de leurs qualifications, et qui doivent accepter des sacrifices supplémentaires, des réglements d'exception, des coûts arbitraires.

Nous voulons attribuer aux étudiants le salaire et les droits professionnels correspondant à leurs qualifications, et il s'agit, non de compenser la pauvreté des familles comme prétendent le faire les bourses, mais de rémunérer un travail. Cette exigence est non seulement possible, mais elle est nécessaire, si nous voulons permettre à chacun d'acquérir le niveau de formation relatif à son projet professionnel, et si nous voulons permettre au pays de répondre aux exigences éducatives qu'il rencontre. Pensons au pré-recrutement des enseignants, qui a été en vigueur jusqu'aux réformes libérales de 1992, et qui proposait un salaire aux enseignants dès leur formation. Il a permis d'envoyer un instituteur dans chaque village, d'apprendre à lire à l'ensemble du pays, de sortir du 19e siècle.

Nous proposons de généraliser ce dispositif parce que nous voulons entrer de plain-pied dans le XXIe siècle et être à la hauteur des défis dans tous les domaines, de l'industrie mécanique à l'enseignement de l'histoire en passant par le soin aux personnes et la recherche scientifique. L'énergie libérée pour de nouveaux travaux, lorsque les doctorants ne seront plus contraints d'interrompre leurs recherches faute de bourses de thèses, est réellement à la hauteur de l'activité scientifique dont nous avons besoin. Nous voulons également en finir avec le gâchis des compétences des jeunes femmes, en les rémunérant à la hauteur de leurs qualifications dès leur formation, en faisant de l'égalité salariale la norme et non plus l'exception. Du reste, la richesse existe dans notre pays pour répondre à cette exigence, et peut être mobilisée au travers de la nouvelle branche de la sécurité sociale que nous proposons, sur la base de cotisations sociales supplémentaires arrachées au capital.