Depuis 1993 nous avons connu une succession de lois visant toutes à restreindre les droits des migrants à durcir la répression à leur encontre ; Des lois Pasqua-Debré qui en 1994 avaient soulevé une immense protestation aux lois Sarkozy nous en sommes à plus de 10 moutures législatives qui s’ajoutent aux modifications précédentes de l’ordonnance de 1945
Ces lois engendrent des drames, elles apparaissent pour ce qu’elles sont, des lois inhumaines, au contenu liberticide de plus en plus affirmé
De fait elles soulèvent l’indignation, des protestations des luttes. A commencer par le mouvement des sans papiers lui même, ce qu’il ne faut pas oublier, ce que les sans papiers ne veulent pas voir ignorer, a juste titre, ils tiennent vraiment à l’autonomie de leur mouvement, ils veulent en avoir la direction ce qui est légitime.
Cela dit je veux faire ici avant d’aller plus loin une remarque au sujet du rapport politique des militants, quels qu’ils soient, en général à cette question.
Trop souvent elle est marginalisée, vue comme une question à part, appréhendée en soi, sans que soient posées les questions des convergences avec toutes les luttes.
Nous avons eu des vagues de protestation.
Celle des cinéastes. Puis les parrainages républicains Puis des grèves de la faim De grandes marches de sans papiers à travers la France Puis le mouvement RESF Puis dernièrement la lutte des salariés sans papiers.
Sans oublier le drame de Ceuta-Mélila et ces images terribles de sans papiers rejetés dans le désert, des tués aux barbelés, au mur érigé entre l’Europe et l’Afrique Sans oublier ces récits incessants de migrants dérivant sur des embarcations, tentant à tout prix de passer, jusqu’au péril de leur vie.
A chaque fois l’opinion a été bouleversée, les citoyens ont découvert l’existence des ces sans papiers qui petit à petit ont affirmé leur dignité, leur vie de citoyen, leur vie familiale, l’existence des enfants scolarisés, leur situation de salariés particulièrement exploités
Mais force est de constater que les gouvernements successifs ont maintenu le cap, durci les lois, jusqu’aux dernières lois Sarkozy et aux actuelles vagues d’expulsions.
Pourquoi ? Pourquoi la force des émotions, la diversité des formes de luttes, et surtout la durabilité de ce mouvement ne sont-ils pas parvenus à changer la donne.
J’avance une hypothèse qui est celle de l’insuffisance de réflexion politique sur le sujet,
J’y met trois aspects. 1° L’insuffisance de convergence entre ces luttes et l’ensemble des luttes. 2° L’insuffisante analyse de l’évolution de la question, de son histoire, de sa mondialisation 3° L’absence de bataille réelle pour une alternative politique aux lois actuelles.
Pourtant nous devrions réfléchir au fait que la droite, elle, fait de ces questions un instrument politique central, fondamental, un vecteur décisif de toute sa politique. On peut noter une différence fondamentale entre Jospin qui avait déclaré, il faut dépolitiser la question des migrants et Sarkozy qui au contraire la politise au plein sens du terme. La création du terrible ministère de l’immigration et de l’identité nationale témoigne de la manière dont ils en font une question globalisante, un sujet identitaire.
Trop longtemps la succession de lois anti-migrants a été analysée comme une opération politique, politicienne, certes nombres de militants dont du PCF, voyaient bien que cela se faisait au détriment de voisins, de citoyens du quartier, ils réagissaient en conséquences, rassemblant, luttant, mais l’analyse en restait à cet aspect d’instrumentalisation politicienne.
Avec Sarkozy il est clair que ceux et celles qui tiraient la sonnette d’alarme en disant que cela va beaucoup plus loin avaient raison.
Aujourd’hui c’est même au niveau de l’Europe que les choses deviennent de plus en plus clair. Le migrant est un bouc émissaire et il permet de diviser, de faire passer des lois antisociales qui souvent précédent d’autres lois visant tous les citoyens, les salariés, toute la société. La honteuse directive retour accompagne les directives Bolkestein et consort...
Des attaques contre les migrants aux attaques contre le code du travail il y a la même matrice libérale. De la subordination du titre de séjour au contrat de travail à la mise en cause même de la notion de protection sociale il y plus qu’une similitude, c’est la même politique. De la désignation des migrants comme classe dangereuse, suspecte, à la politique sécuritaire jusqu’au fichier Edwige il y a plus qu’une continuité, c’est la même guerre sociale et idéologique qui est menée. Mais le patronat, la droit le font en surfant sur les ressorts négatifs de l’histoire, de représentations issues de l’esclavage et du colonialisme. Nul ne peu ignorer aujourd’hui que la loi du 4 février n’était pas venue par hasard. Lorsque nous mettions en correllation cette loi, le rapport Bénisti et la politique de contrôle social certains pensaient que nous éxagérions que nous en rajoutions, emportés par la fougue de notre combat pour les droits des migrants..
De la luttes des migrants, pour leurs papiers, contre les rétentions en CRA, contre les expulsions et l’exploitation, aux luttes pour une transformation sociale nous devrions entendre la même partition celle de l’issue au libéralisme, celle de la construction d’une autre société, d’un autre monde
Du droit inaliénable à la circulation, à l’asile, à l’espoir, à l’action pour penser autrement la circulation des marchandises, des savoirs et des technologies, des coopérations, il devrait y avoir une même vision offensive, humaine, une vision de civilisation.
De la pensée du Monde Mondialisé, Tout monde aux luttes contre les murs qui divisent, à la pensée des identités ouvertes, généreuse, bref à la projection de l’avenir, il doit y avoir osmose, imbrication, mélange et diversité reconnue.
En conséquence il devrait y avoir convergence et cohérence de réponses, ce qui n’est pas le cas.
J’avance l’hypothèse que cette cohérence manque au mouvement communiste depuis longtemps qu’elle a été l’un de ses plus grands échecs et qu’elle reste un obstacle à l’innovation. Comment ne pas s’interroger sur le sentiment d’isolement qu’éprouvent nombres de militants qui se battent avec les migrants. Bien souvent il n’y aucune structure sérieuse au niveau fédéral afin de coordonner leurs activités de les intégrer dans l’ensemble des activités communistes.
L’absence de cohérence fait que l’on ignore des pans importants de la lutte de classe, dans toute ses dimensions, telle que la droite, les libéraux, eux , la mènent pour leurs profits. Plus encore c’est la conception du monde, de l’émancipation qui est en jeu. La lutte des migrants est un vecteur de mise en cause d’une conception eurocentrée de l’universel, elle oblige à une pensée ouverte, et selon moi à plus de profondeur dans la lutte contre le capitalisme en considérant les choses à partir de l’humain, des peuples, de cultures. Je rêve du jour ou les communistes intégrerons dans le panthéon des grands révolutionnaire, des hommes comme Toussaint Louverture, Lumumba, Frantz fanon etc...jusqu’à Evo Morales. Sa lettre va loin, elle met vraiment en avant la dimension de mondialité, de Tout -monde comme dirait d’autres...
Alors plus de politique, c’est à dire de connaissance réelles de la question, d’analyses et de convergences, plus de propositions, de souffle, d’envergure, d’ouverture, plus d’analyse de classe du capitalisme, de ses modes actuels. .
De cela nous avons déjà traité dans brochure les « Migrants le monde en mouvement ». Je vous y renvoie....
J’ajouterai que le fait mondial des migrations est incontournable. Il y a les migrations de la misère, qui doivent stopper, c’est l’enjeu du développement, malheureusement les choses ne vont pas dans le bon sens, il y a de plus en plus les réfugiés écologiques, il y a les réfugiés les demandeurs d’asile qui . Mais quoi qu’il es soit les circulations font parti de notre monde Ainis qui dit que 2000 000 de ressortissants français vivent travaillent à l’étranger. Il y ont le nom d’expatriés, ce sont des migrants
Le monde riche tend à se réserver ce droit de circulation, comme si la planète lui appartient, c’est toujours la pensée colonialiste. Contre les peuples ils érigent des murs, physiques, symboliques, racistes... Les politiques en plan reposent sur une approche unilatérale en termes de : quotas humains,de tests d’ADN, de codéveloppement. Elles refusent de prendre en considération les femmes et hommes migrant-es qui veulent mettre en pratique des projets de mobilité géographique et professionnelle en articulation avec leurs savoirs, leurs espoirs, leurs pays d’origine Aujourd’hui les migrant-es sont souvent diplômés,et en parfaite connaissance des développements actuels des technologies de l’information et de la communication.
Des camps sont érigés en Europe et aux portes de l’europe, une honte tout comme ces véritables rafles de migrants. Le mot n’est pas trop fort. Elles sont ont énoncées sous l’apparence d’ accords de partenariat bilatéral,de coopération euro-méditerranéenne,sans aucune considération des femmes et hommes concernés. Ces accords se concrétisent essentiellement avec la ré-admission des sans papiers par leurs pays d’origine,la prise en charge dans le court de petit projet d’accompagnement,et la construction de camp portail pour fortifier les frontières et empêcher le départ de ces pays. Elles sont en parfaite harmonie avec les objectifs des décideurs du système à se pourvoir en main-d’oeuvre bon marché et à remettre en cause le droit du travail et développer d’avantage la régulation par le marché. A travers ces politiques,se dessine un modèle inique,régressif, de gestion des populations humaines,des travailleurs le plus souvent que les gouvernements réactionnaires et xénophobes des pays développés auraient tendance à vouloir généraliser au-delà des travailleurs migrants. Ce modèle repose sur une mise en scène du travailler plus gagner plus,la limitation du contrat de travail à une seule durée déterminée de 3 ans renouvelable dixit CPE,la disparition totale des 35 heures,une flexibilité accrue ,et des possibilités de licenciement sans aucune garantie pour le travailleur. En définitive,les politiques migratoires constituent un voile qui masque la réalité dramatique des politiques économiques et sociales mises en place en l’occurrence par le gouvernement Sarkozy,Fillon en matière d’emploi,de logement ,de santé.