L’enseignement supérieur et la recherche au service des entreprises !
Depuis la LRU, le patronat ne cache plus sa volonté de contraindre le service public d’Enseignement Supérieur à endosser le coût et la responsabilité de la formation que les entreprises devraient assurer elles-mêmes : « les Universités disposent de services de formation continue susceptibles de répondre aux besoins des entreprises par des actions diplômantes ou non-diplômantes. » L’Université joue donc le rôle de centre de formation gratuits pour les entreprises, qui auront toute latitude pour orienter les enseignements et les étudiants en fonction des « besoins de recrutements actuels et futurs », et s’impliquer, par le biais des conseils dans le « perfectionnement » et « les instances d’évaluation » des politiques Universitaires. Dans le cadre des Établissements Publics de Coopération Scientifique, les entreprises auront une fois de plus le loisir de donner le ton concernant « les décisions stratégiques ». Les étudiants et les personnels de l’Université ne peuvent pas en dire autant...
La recherche, n’est elle non plus pas épargnée, CPU et MEDEF se réjouissent déjà de « promouvoir les bonnes pratiques de gestion des contrats avec les laboratoires de recherche ». On frémit en lisant qu’il s’agit de « diversifier les parcours de carrière pour les Universitaires et les responsables d’entreprises permettant une mobilité réciproque entre les universités et les entreprises ». En somme, le MEDEF qui fait de la recherche et qui enseigne, et des chercheurs directement recyclables en entreprise. En effet, ce n’est plus le rôle de l’entreprise de se faire connaître, c’est maintenant celui de l’Université ! Tout ceci intervient sur fond d’entrée de capitaux privés par le biais des fondations, instaurant le mécénat entrepreneurial au sein des Universités, dont on ne se cache même plus. Les prochains rendez-vous donnés pour la réflexion et prise de décision sont ceux de l’Université du MEDEF, ça a le mérite d’être clair.
Les étudiants communistes s’élèvent contre cette soumission aux intérêts du privé, qui aura des conséquences désastreuses tant sur l’Université que sur l’emploi. Dans un contexte de rigueur et d’inégalités de classe chaque jour croissantes, les capitalistes avec le soutien de la CPU, n’ont de cesse, dans la course au profit et à la spéculation financière, de vouloir rentabiliser et mettre en concurrence. Ces mesures, qui prétendent favoriser l’emploi des jeunes, n’a fait que creuser les inégalités sociales, et faire de nos Universités des déversoirs à chômage et à travailleurs précaires et corvéables à merci. Soumettre nos Universités aux besoins du privé, c’est les détruire, car le marché est bien trop instable et capricieux. On se souvient étudiants en Master professionnalisant dans des secteurs ultra-spécialisés en informatique, qui se sont retrouvés sans avenir du jour au lendemain, avant même d’avoir terminé leur cursus, lorsque ces secteurs ont coulé. Nous ne voulons pas être les soldats de la rentabilité à court terme, nous voulons une Université émancipatrice, nous être voulons capables de maîtriser tous les enjeux de notre travail ! Nous ne voulons pas d’Université au service d’une poignée d’investisseurs locaux, nous voulons une Université au service de nos besoins sociaux !
Marion Guenot
Secrétaire nationale