Mouvement des jeunes communistes
De la LRU aux remises en cause actuelles du service public
Des outils pour comprendre
Il y a un an, l’UEC demandait l’abrogation de la loi LRU, une loi profondément dangereuse pour le service public. Quel lien entre cette loi et les mesures que nous dénonçons actuellement ? En pleine mobilisation des étudiants et des enseignants-chercheurs un petit point sur le projet de la droite s’impose.

Retrouvez sur la colonne de gauche nos livrets explicatifs des réformes 2007 et 2008 de la droite ainsi que notre 4 pages sur les réformes en cours.

Nous écrivions il y un an :

"LRU : Une loi contre les intérêts de la communauté universitaire

Cette loi a d’abord pour but de placer l’université au service des besoins du marché. Il s’agit de définir les connaissances que doivent acquérir les étudiants à partir des besoins spécifiques des entreprises. Dans ce but, la loi complète les dispositions de la réforme LMD : elle permet dès à présent aux universités de gérer elles-mêmes, non seulement leurs formations, mais aussi toutes leurs ressources, leur patrimoine immobilier et de recourir à des financements privés sans aucun contrôle.

Cette loi affaiblit la démocratie universitaire en augmentant le pouvoir des présidents d’universités et en n’autorisant aucun contre-pouvoir à celui-ci. Le conseil d’administration (CA) est restreint. Les étudiants y sont moins représentés. Il décide de tout : les autres conseils sont relégués au rang d’instances consultatives. Le président est élu par le CA seul et non plus par l’ensemble des conseils. Il a d’importants pouvoirs concernant la gestion et l’administration. La liste est longue, vous le découvrirez en lisant la loi, des reculs en matière de démocratie universitaire.

Cette loi organise la casse de la fonction publique.

Le statut des enseignants-chercheurs comme des personnels est attaqué avec notamment le droit de veto du président sur les affectations et la possibilité qui lui est donnée de recruter des contractuels à la place des fonctionnaires. De plus, le président est responsable de l’attribution des primes et le risque de clientélisme est grand.

Les conséquences, nous les connaissons, parce qu’elles ont été les mêmes dans tous les pays qui ont déjà fait ce type de réforme : les inégalités entre les facs et entre les étudiants vont se développer et on se dirigera vers un enseignement supérieur à 2 vitesses ; les patrons des entreprises n’hésiteront pas à faire du lobbying pour leurs seuls intérêts puisque celles-ci investiront dans l’université directement ; les frais d’inscription vont augmenter fortement à moyen terme parce que les universités auront besoin d’un financement important que l’Etat refuse d’assumer. La voix des acteurs de l’enseignement supérieur pèsera peu au vu de la réforme de la gouvernance. Enfin les enseignants-chercheurs et l’ensemble des personnels seront fragilisés par une loi qui s’attaque à leurs droits et les met en concurrence : c’est la qualité de leur vie et de leur travail qui en fera les frais."

L’appel "Respect pour le service public d’Enseignement supérieur" que nous avons initié a pour but de dénoncer des projets du gouvernement qui s’inscrivent dans la droite ligne de la LRU : suppressions de postes, multiplication des bourses au mérite, financement des universités à la « performance », casse du statut des enseignants-chercheurs, masterisation des concours… Et cette liste n’est pas exhaustive ! Les menaces qui pèsent sur les CROUS par exemple sont également un point crucial de remise en cause du service public.

Toutes ces mesures font partie d’un projet global, européen et mondial, de soumission de l’enseignement supérieur public aux intérêts privés. Au cours des dernières décennies, le gouvernement britannique a mené ce projet à terme, les gouvernements italien et allemand par exemple sont en pleine réalisation de celui-ci, et avec la LRU, la France a franchit une étape de quasi "non retour" sans mobilisation de grande ampleur de notre part. Pourtant nous avons été nombreux à résister. En Grèce les étudiants ont pour l’instant bien réussi à repousser ce projet. En fait tous les gouvernements actuels de l’UE ne font que poursuivre la volonté arrêtée par leurs prédécesseurs en 2000 à Lisbonne, la volonté de "faire de l’UE l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde d’ici 2010"

Nous devons refuser ensemble la main mise des capitalistes sur les savoirs, sur leur production, leur diffusion, leur partage, à travers une lutte de grande ampleur pour étendre et promouvoir les services public d’enseignement supérieur et la Recherche publique. C’est en tout cas le choix qu’ont fait les militants de l’Union des étudiants communistes.

Continuons, ensemble, ce combat. Élaborons un projet pour l’enseignement supérieur et la Recherche qui contribue à renverser l’ordre capitaliste actuel parce qu’il mettra au centre de son ambition l’émancipation des individus et des peuples et le progrès humain !


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