Mouvement des jeunes communistes
Déclaration commune des organisations ayant participé à la rencontre internationale à Chypre
“Stop Bologne”
Chypre 31/07-01/08/2011
 »Les organisations de jeunesse et étudiantes, Proodeftiki (Chypre), les Jeunesses Communistes de Grèce, les Jeunesses Communistes Portugaises, l’Union de la Jeunesse Communistes d’Espagne, le Mouvement des Jeunes Communistes de France, qui ont pris part à la rencontre internationale qui a eu lieu à Chypre, prenant en compte les développements récents de l’Enseignement Supérieur dans nos pays, déclarons ce qui suit :

1. Le Processus de Bologne constitue la politique la plus réactionnaire menée dans l’Enseignement Supérieur au sein de l’Union Européenne, avec entre autres la stratégie de Lisbonne, qui définit la stratégie renforçant l’assujettissement de l’éducation aux besoins du capital. Cela s’applique aussi aux autres pays où le processus a également été appliqué. C’est le véritable moteur de la consolidation de la place de la classe dominante et de son idéologie dans les Universités. Cela permet de faire des futurs travailleurs diplômés, une proie facile pour le Capital, pour l’impérialisme, et ses partisans. Cette politique est principalement basée sur la volonté de construire l’hégémonie idéologique du système capitaliste, avec le profit comme seul but à atteindre.

2. Le Processus de Bologne constitue la principale politique utilisée pour la destruction de l’Enseignement Supérieur Public, la vente du système éducatif au secteur privé et la marchandisation du secteur public éducatif, qui conçoit l’éducation comme un produit soumis aux lois du marché. Il a permis de renforcer ou d’introduire une fracture de classe dans le système éducatif et de supprimer ce qu’il reste du rôle social que ce système a à jouer. Le Processus de Bologne est le moyen d’introduire les intérêts des entreprises dans les universités en soumettant le développement de formations et de la recherche aux besoins des entreprises capitalistes et impérialistes et non selon les besoins des peuples et de la classe ouvrière.

C’est le même processus qui non seulement conduit à l’intégration des patrons dans les Conseils d’Universités, pour des raisons qui ne sont même pas toujours académiques, mais aussi à assujettir complètement les formations aux intérêts des entreprises. En même temps, ils réduisent ou suppriment arbitrairement la représentation étudiante dans ces conseils. C’est ce qui a été appliqué dans de nombreux pays jusqu’à présent.

3. Les nombreux efforts pour rendre les établissements de l’Enseignement supérieur attractifs visent seulement à servir les intérêts du capital. Des mesures telles que le découpage en trois cycles (LMD) de la période d’étude, ECTS, le Supplément du Diplôme, l’Europass et beaucoup d’autres servent les intérêts des futures employeurs au lieu de ceux des futurs employés. D’autres initiatives telles que celles développées pour la mobilité étudiante, que ce soit aussi bien entre les pays, qu’entre Universités et Entreprises visent à consolider la flexibilité du travail à travers l’Europe pour établir un soit disant Marché Unique Européen.

4. En tant que Mouvements et Organisations de Jeunesse qui envisageons une société qui servira les besoins de la classe ouvrière, une société de paix et de justice sociale, nous luttons contre les modalités d’applications du Processus de Bologne. Nous sommes conscients qu’actuellement la classe dominante et ses représentants politiques saisissent comme prétexte la gestion de la crise mondiale capitaliste pour attaquer les droits des travailleurs et des générations futures.

5. Nous avons communément décidé de continuer et d’intensifier notre lutte au niveau national basée sur les conditions particulières d’application du processus de Bologne dans chaque pays et sur ce qui a, aussi bien que d’autres décisions de l’UE, avec pour but de construire un mouvement étudiant et populaire fort, pour enrayer la mise en place du processus de Bologne et construire un système éducatif qui servira les droits des peuples. Nous lutterons aux côtés de la classe ouvrière et des autres couches populaires pour le droit à l’emploi et pour un emploi avec des droits. Une lutte de classe vise à une société où les richesses appartiennent au peuple et répondent à leurs besoins actuels. L’Enseignement Supérieur doit être orienté de sorte que la science et le savoir servent les besoins de la société et non ceux des monopoles.

6. Nous affirmons notre détermination à renforcer les échanges d’information entre nos organisations concernant les questions étudiantes dans chaque pays mais aussi plus largement concernant les questions de la jeunesse. Il est nécessaire d’échanger sur nos expériences, les pratiques de lutte et les points de vues dans le cadre de l’économie de marché globalisée à laquelle nous voulons résister.

7. En guise de conclusion nous envoyons communément nos salutations militantes au peuple de Grèce, d’Espagne, du Portugal, de France et de Chypre aussi bien qu’au reste de l’Europe qui souffre sous les conséquences des attaques du Capital, de ses représentants politiques, de ses mécanismes et organisations internationales, contre les peuples et la classe ouvrière. »

Nous envoyons un message d’espoir, les peuples se soulèveront encore parce qu’ils détiennent le pouvoir entre leurs mains et qu’ils en feront un pouvoir de subversion, de changement et construction d’une autre société de l’Enseignement Supérieur, d’un monde de paix, de justice sociale et du socialisme. »


contact | Logiciels libres | L’Humanité | Plan du site
MJCF : 2, pl de Colonel Fabien 75019 PARIS - télephone : 01.40.40.12.45