l’éducation nationale gérée comme une entreprise
1) Concurrence entre les territoires : Les coupes budgétaires du ministre Chatel vont pousser les établissements à se tourner vers les villes, les départements, les régions pour combler les manques. Les territoires riches pourront le faire, les autres devront rabaisser leurs ambitions pour l’éducation. L’éducation privée gagnera du terrain car les familles qui le peuvent essaieront aussi de combler ces manques en payant l’accès aux savoirs.
2) Compétition entre les lycées : Les établissements, mais aussi les proviseurs, se verront attribués leur ressources et leur primes en fonction de leurs « résultats ». Plus un bahut est bon, plus il aura de moyen pour continuer à l’être et plus il sélectionnera ses élèves pour être le plus « performant » possible. Les autres lycées devront rabaisser leurs ambitions pour leurs élèves, faute de moyens.
3) Inégalités entre lycéens : L’éducation nationale, déjà inefficace pour compenser toutes les inégalités, devient un outil de sélection sociale aggravée ! Avec les réformes de Luc Chatel, une infime minorité aura accès à des savoirs de qualités dans de bonnes conditions, pendant que tous les autres souffriront d’une compétition acharnée. En construisant cette guerre de tous contre tous le gouvernement veut soumettre la transmission des savoirs aux seules exigences du capitalisme : former de la main d’œuvre au plus faible coût possible !
Avec l’aide des états, les marchés financiers continuent d’engranger les profits et nous font payer la crise avec une cure d’austérité drastique pour tous les peuples européens. Mais on retrouve un peu partout aussi la même logique dans les réformes de l’éducation : autonomie et concurrence Conséquence : inégalités entre classes poupulaires et aisées seront encore renforcées avec cette autonomie. D’autant que comme en Angleterre ou en Italie, les frais d’inscription vont très largement augmenter.
90 universités sont devenues autonomes suite à la LRU. Désormais, elles vont fonctionner sur fonds propres et l’aide de l’Etat sera réduite. Dans le même temps, le gouvernement crée des pôles d’excellence qui doivent être les vitrines de l’excellence universitaire français ! On assiste donc de fait à un appauvrissement d’une part de la majorité des universités et de l’autre au déboursement de milliards pour quelques unes. C’est la concurrence entre les universités d’élite et celles reléguées à survivre si elles le peuvent.
Avec la réforme des lycées, chaque établissement est en mesure de proposer certains enseignements différents signant l’arrêt de mort d’une même éducation pour tous sur tout le territoire. De même, cette année à titre expérimental (programme « CLAIR »), une centaine d’établissement recrutent directement leurs profs. A terme les « meilleurs » lycées, ceux qui accueilleront les « meilleurs » élèves, capteront les « meilleurs » professeurs venant des « meilleures » universités.
Ni statut quo, ni marchandisation !
de réaffirmer l’importance du service public d’enseignement
supérieur
et de la recherche, par opposition à l’appropriation de la
production du savoir par la classe dirigeante.
d’unifier le service public d’enseignement supérieur,
pour mettre fin à la sélection et la concurrence entre étudiants
et assurer à tous une formation de qualité.
de sécuriser la formation et l’insertion des jeunes travailleurs,
et pour cela mettre en place un cadre de protections
collectives géré conjointement par étudiants et travailleurs.
de garantir l’accès à la formation continue pour tous les
travailleurs. Par opposition à une formation rentable sur le
court terme, nous voulons une formation qui favorise l’acquisition
continuelle de nouvelles connaissances sur nos
métiers, ou la reconversion. Pour cela, il nous faut repenser
l’organisation de l’offre de formation sur le territoire,
pour répondre aux besoins de tous, au lieu d’une concentration
sur quelques pôles.