Le CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Sociales) de Lille pourrait avoir à faire face à une grève d’un genre nouveau, celle des loyers.
La Fédération des Étudiants en Résidence Universitaire (FERUF), l’Union des Étudiants Communistes (UEC) ont appelé les étudiants de la métropole lilloise habitant en résidence universitaire, au travers d’affiches placardées dans les résidences - et retirées depuis - et au cours de réunion d’information, à ne plus payer leur loyer.
L’insalubrité des locaux, souvent évoquée par les syndicats étudiants, n’est pas la seule cause avancée par Ugo Bernalicis, militant de la FERUF, pour qui " elle n’est que la partie visible ". Les revendications énoncées portent par ailleurs sur divers points de la vie étudiante tels que les bourses, le prix du ticket RU.
Les organisateurs avancent le nombre de 350 grévistes qui n’auraient pas payé leur loyer de janvier et/ou février. Les résidences concernées seraient Van Der Meersch à Mons-en-Baroeul, Galois et Albert Camus à Villeneuve-d’Ascq. De son côté, le CROUS assure toutefois n’avoir rien noté d’anormal dans l’encaissement des loyers du mois de janvier. Sa directrice, Martine Muller admet que " le parc de logements du CROUS est très vieillissant ", mais estime que l’action mise en place n’est pas une solution. " Les ressources propres, loyers et recettes de la restauration, représentent les deux tiers du budget du CROUS. Une grève des loyers serait dommageable pour le CROUS, c’est cet argent qui nous sert pour les rénovations ", explique Gaël Monfrier, directeur adjoint.
SOCIAL - Ils réclament l’amélioration des conditions d’hébergement en résidence universitaire...
Ras-le-bol. Pour le moment, ils seraient 350 étudiants des résidences Galois (700 chambres) et Camus (800 chambres) à Villeneuve d’Ascq à refuser purement et simplement de régler leur loyer.
« Les bâtiments sont insalubres »
Le mouvement, initié par trois syndicats étudiants (Feruf, UEC et CGT-Crous), réclame l’amélioration des conditions d’hébergement en résidence universitaire. Et selon nos informations, il devait s’étendre hier soir à la résidence Chatelet, à Lille. Pour l’heure, Martine Muller, directrice du Crous de Lille, préfère temporiser : « Je ne sais pas si ceux qui ne paient pas leur loyer sont des étudiants qui ont des difficultés financières ou des grévistes ».
Mais elle met ces derniers en garde : « Ils s’exposent à une procédure de recouvrement ». Ce qui n’effraie aucunement Nicolas, résident d’Albert Camus : « Les bâtiments sont insalubres. Cette grève, ça les obligera à faire quelque chose ».
Les résidents d’Albert Camus mal lotis
L’état de la chambre de Benoît, au pavillon V, atteste de la vétusté de cette résidence, construite dans les années 1970 : 9 m2 sans sanitaires, peintures défraîchies et murs tâchés par l’humidité.
Une femme chargée de l’entretien des lieux s’applique chaque jour à nettoyer les sanitaires collectifs et la cuisine rudimentaire de son bâtiment, composée en tout et pour tout d’un évier et de quatre plaques de cuissons. « En ce moment je suis seule, car les arrêts de travail ne sont pas remplacés », confie-t-elle.
Plus que deux femmes de ménage
Pour Olivier Crammer, secrétaire général de l’union nationale CGT-Crous, les conditions de vie dans les résidences universitaires n’ont cessé de se dégrader : « En 1990, il y avait en moyenne quatre femmes de ménage par bâtiment. Aujourd’hui, elles ne sont plus que deux ».
Pour améliorer la situation à la résidence Albert Camus, des petits travaux d’électricité ont pourtant été initiés l’année dernière. « Le problème, c’est qu’on ne peut rénover que 300 logements à la fois, si on ne veut pas mettre les étudiants à la rue », explique Martine Muller, directrice du Crous de Lille.
Les logements rénovés sont plus onéreux
« A Camus, il est prévu que d’ici 2011, le bâtiment U soit rénové, avec l’installation de sanitaires individuels », poursuit-elle. Problème : les logements rénovés sont aussi plus onéreux.
Il y a 36 résidences universitaires gérées par le Crous dans l’académie de Lille. En moyenne, le loyer pour une chambre de 9 m2 avec sanitaires collectifs s’élève à 133 € par mois. Dans les nouvelles résidences, le loyer est plutôt de l’ordre de 200 €.
Pour plus d’info contacter le Secrétariat à la communication de l’UEC à marion_guenot@yahoo.fr