Mouvement des jeunes communistes
Fiches techniques
La sécurité emploi-formation (SEF)

Le projet de sécurité d’emploi ou de formation :

La révolution technologique à l’œuvre aujourd’hui, permet aux capitalistes de maximiser leurs gains de productivités. Ces nouvelles ressources ne sont pas utilisées pour l’évolution des salariés mais pour rétribuer l’actionnaire en réinjectant l’argent sur le marché financier.

La sef s’inscrit dans une perspective historique de dépassement de la régulation du marché du travail par le chômage. Le chômage apparaît avec le capitalisme, il lui permet de faire pression sur les salariés pour remplir son objectif de rentabilité, dans une recherche effrénée de maximisation du taux de profit.

La sef permettrait à chacun d’alterner entre des phases d’emploi où la personne toucherait un revenu marchand et des périodes de formations rémunérés par un revenu mutualisé par la société. La sef s’inscrit dans une évolution de la société permettant le dépassement du marché capitaliste du travail.

La baisse des cotisations sociales patronales s’élève à plus de 20 milliards de dollars. Ce sont les plus qualifiés qui ont accès aux dépenses de formations continues.

La cohérence d’action pourrait se schématiser sous la forme d’un triangle : au sommet on y inscrirait les objectifs sociaux à atteindre et à la base on retrouverait les moyens financiers nécessaires à la réalisation de ces objectifs, et les pouvoirs financiers détenteurs des moyens financiers. On ne peut plus se contenter de parler de promesses sociales sans parler des moyens financiers. Quels sont ces moyens :
- l’argent de l’Etat (mais ce n’est pas tout)
- l’argent des entreprises, elles bénéficient chaque année de deux fois le budget de l’Etat : profit, fond public, crédits. Les entreprises utilisent la moitié de cet argent pour faire des profits financiers et pour le paiement de crédit aux banques. C’est cette argent qu’ il faut réorienter.

Concernant la nationalisation des entreprises, celles de 82 83 n’ont rien réglé. Elles ont uniquement changé le titre de propriété des biens et non la gestion même de ces biens, elles ne changent pas les conditions d’utilisation de l’argent. Il est nécessaire d’aller plus loin que le changement de propriété du capital, il faut changer les logiques d’utilisation de l’argent dans ces entreprises. La conquête des droits passe aussi par des interventions sur le financement et la gestion. L’enjeu fondamental est le changement des logiques d’utilisation des moyens financiers. Pour faire reculer l’emprise du marché financier dans le financement de entreprises un outil fondamental est le crédit des banques. L’entreprise qui demande un crédit permet à la banque de créer de la monnaie pour permettre la création de richesses. Mais l’argent des banques doit être réapproprié par la société. Les ressources principales sont les salaires… Cet argent n’appartient pas aux banques mais à la société. Comment réorienter cet argent dans l’emploi et la formation : La création de fond régional est un outil majeur dans ce combat. L’idée serait que les régions contrôlent l’utilisation par les entreprises de l’argent public. La région aiderait l’entreprise qui investit dans la création d’emploi à rembourser les intérêts de ses crédits, ce système se veut être progressif, ainsi plus l’entreprise investit dans l’emploi plus l’aide lui est attribuée. Cette prise en charge progressive des intérêts permettrait que l’argent public soit utilisé pour la création d’emploi durable. Sur cette base pourrait être créé un fond national pour le développement de la formation et de l’emploi. Cette démarche mobilise le financement des entreprises pour faire progresser l’emploi. L’idée est à mettre en parallèle avec la sécurité sociale d’après guerre, elle permettrait un dépassement du marché capitaliste par un changement des logiques financières.

Comment peut on faire vivre la sef dés aujourd’hui dans nos actions. Trois batailles peuvent être menées dés maintenant ;

-  la création d’une allocation d’autonomie Cette revendication qui n’est pas nouvelle doit être travailler dans chaque secteur pour la faire connaître et la faire exister en construisant ce projet concrètement. Les formatons initiales sont de plus en plus longues pour ceux qui le peuvent, par peur du chômage. Du coup, les étudiant ne peuvent s’émanciper comme ils le souhaitent et sont obligés de trouver des petits boulots précaires « de survivance ». Ceci pèsent sur la qualité de leurs études parfois certains sont obligés de quitter leurs cursus pour pouvoir vivre. Ainsi, l’allocation d’autonomie est une priorité pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de poursuivre des études dans des conditions décentes. Le problème pour faire vivre ce projet est de trouver les financements adéquats. Cette allocation, si elle s’élevait à 700 euros par an et par étudiant mobiliserait 50 millions d’euros par an. Aussi il est nécessaire de concevoir cette allocation de façon progressive car il est certain que chacun ne se trouve pas dans une situation semblable : à chacun selon ses moyens. La création d’un fond public pour le financement des études, avec la participation des entreprises serait un point de départ pour penser cette idée. Cette bataille immédiate pourrait être menée dans chaque région et déposée sur les bureaux des administrations locales pour leurs prouver que c’est possible. L’écrasante majorité des régions sont détenues par des élus de gauche, aussi appuyons nous sur eux pour concrétiser ce projet.

- la conversion immédiate des emplois précaires en emplois stables Deuxième bataille que nous pouvons exiger dés maintenant, exiger que chaque jeune puisse sortir de la précarité. Répertorier les situations précaires, les faire connaître, dénoncer l’exploitation du grand capital, voilà des actions concrètes qui nous permettraient de rallier beaucoup de salariés à nos luttes. Sur ce sujet il serait primordial de réfléchir aux conditions des stagiaires. Véritable main d’œuvre gratuite, ces expériences ne débouchent que rarement sur des emplois stables. L’inscription dans le code du travail d’un statut du stagiaire avec la fixation d’une rémunération minimum et d’un suivi pédagogique hors et dans l’entreprise serait un point de départ.

- L’exigence de stabilisation des parcours : les raisons de la suppression d’emploi reste floues lors de la mise en place de plan de licenciement ; les entreprises fournissent peu d’informations ou par un discours mensonger expliquent qu’elles ne peuvent plus assumer leurs responsabilités auprès de salariés non compétitifs, plus rentables. Pourtant les véritables raisons de ces suppressions d’emplois devraient être étudiées et rendues publiques. D’autres solutions sont souvent possibles mais jamais mises en œuvre. Si des emplois doivent être effectivement supprimés, tous les salariés devraient avoir droit à un reclassement qui correspond à leurs qualifications et rester inscrits aux effectifs de l’entreprise tant que celui-ci n’a pas été trouvé. C’est un devoir de l’entreprise que d’assurer une stabilité des parcours de ses salariés.

Ces propositions n’ont pas la prétention de constituer à elles seules un programme d’action, bien d’autres sont encore à établir, mais elles pourraient présenter un point de départ dans nos luttes. C’est en construisant sérieusement ces revendications, en trouvant les financements nécessaires à ces projets qu’ils pourront exister. Ne nous restreignons pas à des actions localisées qui sont bien sûr primordiales, mais construisons ensemble un réel programme d’action, financement à l’appui car le changement est possible, à nous de le mettre en œuvre.


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