Mouvement des jeunes communistes
Le G8 des Universités
Interview de Marion Guenot, secrétaire nationale de l’UEC.
Où en est l’Union des étudiants communistes (UEC) ? Que signifie le G8 des Universités ? Quelles initiatives sont prévues ? Entretien avec Marion Guenot, secrétaire nationale de l’UEC.

Quelle est la situation de l’UEC actuellement ?

Marion Guenot : L’UEC s’est considérablement renforcée depuis la mobilisation des retraites et continue de se développer au fil de nos initiatives, dont la dernière en date : la Semaine de la pensée marxiste. Nous sommes aujourd’hui présents sur plus d’une université sur deux, et développons notre activité sur trois piliers : Face à la soumission du savoir à l’idéologie dominante, nous essayons d’être une source d’alternative de formation, à travers la Semaine de la pensée marxiste, la vente de brochures et notre bulletin semestriel Camarades de classes. Ces outils sont développés en lien avec les revues et maisons d’édition. Nous luttons contre la soumission de l’université aux exigences du patronat et ses conséquences en termes d’inégalités de classe à l’université. Nous lançons d’ailleurs une grande campagne pour la nationalisation du logement étudiant. Enfin, notre engagement est internationaliste. Nous construisons des résistances à l’échelle européenne contre les attaques libérales sur l’enseignement supérieur, notamment à l’occasion du contre-sommet du G8 des Universités.

Peux-tu présenter le G8 des Universités ?

Pour rappel, la première vague d’attaques du processus de Bologne, qui avait pour but de faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde », a pris fin en 2010. En lien avec les politiques de rigueur qui secouent toute l’Europe, nous faisons aujourd’hui le constat que partout, alors que le patronat a été placé aux commandes de l’enseignement supérieur, nous n’avons jamais été autant au chômage et déclassés à l’embauche. Cette année, l’Observatoire de l’OCDE a publié un rapport rappelant la formidable source de profits que représentait l’enseignement supérieur, à condition de le soumettre pleinement aux exigences des entreprises. C’est donc dans un contexte d’individualisation des parcours et de généralisation des emplois précaires que se réunissent les présidents d’université, les recteurs d’académie, les ministres de l’Education de toutes les grandes puissances mondiales, pour définir les politiques à venir, avec pour thème bien sûr le lien universités-entreprises.

Quelles initiatives allez-vous organiser pour le contre-sommet ?

Du 5 au 6 mai, avec le collectif du contre-G8 (rassemblant syndicats d’enseignants, de personnels, étudiants, associations et collectifs qui se sont créés depuis la mobilisation contre la loi LRU en 2007), nous organisons à Dijon deux grandes journées de conférences. Au même moment, le G8 va définir les prochaines attaques ; on doit donc aller plus loin que le constat que nous partageons déjà, pour faire progresser nos résistances et le projet que nous portons pour l’université. Pour cela, il faut construire la résistance à l’échelle européenne. Partout en Europe les étudiants se sont mobilisés contre les politiques de rigueur. Lors du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, nous avions rencontré tous ces étudiants qui battent le pavé depuis le mois d’octobre et qui sont engagés avec nous dans l’organisation de ce contre-sommet. Nous ne nous contenterons pas de participer à la grande manifestation du 7 mai, nous voulons que les étudiants victimes des politiques de rigueur partout en Europe fassent entendre leur voix et construisent avec nous l’alternative au capitalisme !

Propos recueillis par Gérard Streiff.


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