Mouvement des jeunes communistes
Notre démarche
Pourquoi un projet pour l’enseignement supérieur ?

Suite à l’absence de perspectives politiques de changements crédibles de l’ensemble du système éducatif, particulièrement visible et préjudiciable lors du mouvement contre la LRU, l’UEC propose de rédiger et de proposer un projet politique pour l’enseignement supérieur.

Mettre en valeur l’idée d’une autre université

Face aux attaques néolibérales sur l’enseignement supérieur, nous nous sommes souvent limités à répondre, point par point, aux textes de lois et grandes orientations.

Aujourd’hui, le manque de perspectives politiques aux luttes dans le monde universitaire est l’un des facteurs de la victoire idéologique de la droite et de ses projets. Il est ainsi nécessaire de porter un véritable projet sur la place du système éducatif dans la société.

Nous avons ainsi adopté trois axes prioritaires pour élaborer ce projet : (1) Vers une université unifiée et démocratisée (2) Vers une université au coeur d’un rapport au travail émancipateur (rapport université – travail) (3) Vers une université populaire (rapport université – société)

(1) Vers une université unifiée et démocratisée Le système d’enseignement supérieur français est morcelé en différents types d’établissements (Universités, BTS, CPGE, grandes écoles...). Cette situation produit une sélection sociale accentuée par les réformes s’inscrivant dans le processus de Bologne. Il y a donc une nécessité, au delà de la lutte contre les réformes actuelles, à unifier les différentes formations du supérieur. Nous pensons que cette unification doit se faire au sein d’une université qui articule Enseignement et Recherche. Mais comment réaliser cette unification sans que cela se fasse au détriment de la diversité des enseignements et des approches pédagogiques ? Comment construire un cadre nouveau permettant l’accès de tous à des diplômes de qualité ?

(2) Vers une université au coeur d’un rapport au travail émancipateur (rapport université – travail) Après avoir combattu l’entrée des entreprises et du privé dans les universités, et le pouvoir de contrôle que la LRU veut nous imposer, il nous reste donc à définir quel peut être le lien avec le monde du travail, dans une autre perspective que celle de l’assujettissement. Nous devons notamment développer l’aspect formation initiale d’une sécurisation de l’emploi et de la formation. Il est urgent de prendre en main cette question du rapport entre le système supérieur public et le monde du travail, largement privé. Déjà, des voies consensuelles se dessinent entre une partie du PS et la droite sur les pôles de compétitivités et les pépinières d’entreprises. Contrairement à cette approche qui se traduit par l’accaparement par le privé des recherches du public via des brevets, comment définir un lien renouvelé entre le privé, l’emploi et le supérieur ?

(3) Vers une université populaire (rapport université – société) Au delà du partage des savoirs, l’intégration de l’université comme pilier du tissu social est un enjeu de taille pour l’ensemble des forces de gauche. Des premières tentatives infructueuses ont eu lieu à travers les universités populaires par exemple. Une première question : si l’université ne peut pas seulement jouer un rôle de formation initiale, quelle doit être la place de la formation continue en son sein ? Et, deuxième question : comment faire de l’Université celle de tous les savoirs, des savoirs faire, de la culture, des arts, où serait possible une appropriation des connaissances et une production de savoirs nouveaux par différents publics ? Cette question est fortement liée à une troisième : comment permettre la prise en main, par l’ensemble des citoyens, des débats du monde scientifique, des enjeux de la Recherche ? En somme, il s’agit de penser une université au coeur de la société et des rapports des individus au savoir et de permettre par une place nouvelle de l’Université dans les parcours de vie que les citoyens puissent décider en connaissance de cause et agir pour la transformation sociale.

Construire avec d’autres un projet alternatif pour l’enseignement supérieur

Il est évident que nous n’avons pas la prétention de couvrir seuls l’ensemble des champs universitaires et éducatifs. Nous voulons cependant participer au débat d’idées important au sein de la communauté universitaire. Nous restons persuadés que nous n’abattrons pas l’hégémonie culturelle de la classe dominante, évident sur les questions d’éducation, sans mettre en face un autre modèle d’enseignement. Il ne pourra se construire en l’imposant tout ficelé par une organisation ou une autre mais bien par l’échange, la discussion et le débat sur ce que nous voulons, construit par tous, approprié par tous, acteurs de l’université et citoyens.


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