DÉTERMINER L’OFFRE DE MASTER
GESTION DE L’OFFRE. "Dans le processus conduisant à l’habilitation d’une offre de formation, les instances nationales consultatives doivent être pleinement sollicitées." notamment le Cneser doit être consulté sur "la politique nationale de formation supérieure telle qu’elle résulte du processus d’habilitation". HABILITATION. Le processus d’habilitation est un acte politique qui revient au ministère, sur la base d’une évaluation de l’Aeres. "La situation actuelle qui fait relever l’évaluation de certains de ces cursus d’approches différentes paraît devoir évoluer et notamment grâce à la mise en place de l’Aeres." Il ajoute qu’il "paraît utile de veiller à la place des professionnels dans les groupes d’experts chargés de l’évaluation des projets ou encore de savoir évaluer des demandes urgentes avec rapidité". Cependant, "il n’est pas souhaitable que ces groupes ou commissions soient constitués en regard de la nature institutionnelle des établissements ou des ministères exerçant la tutelle sur les établissements", (par exemple la commission Duby pour les masters des écoles d’ingénieurs). ACCRÉDITATION. "le processus d’accréditation est un processus externe au système d’habilitation. Il doit être indépendant tout à la fois des opérateurs et de l’État qui définit sa politique de formation." Cependant "ce processus n’a de sens que s’il est accepté par l’État et par les opérateurs, il est également nécessaire que ce regard extérieur porte sur l’ensemble des facettes du processus". MASTERS PRO/RECHERCHE. Le rapport préconise l’adoption d’un diplôme unique en supprimant la distinction master recherche et master professionnel. "Quelle que soit la finalité du cursus, l’établissement doit s’appuyer sur une activité de recherche en lien avec la formation proposée". Cet adossement "peut prendre des formes différentes, faisant notamment jouer des rôles variables au monde socio-économique". Quant aux stages, toute formation doit en prévoir un "de longue durée dont l’objectif est la mise en situation métier". DÉNOMINATIONS. "La nécessaire harmonisation des dénominations doit tenir compte des champs disciplinaires mais aussi des domaines thématiques." Par ailleurs, "l’objectif d’inscription des formations au RNCP doit conduire les concepteurs de formations à préciser les compétences visées pour chaque formation en complément de l’ensemble des savoirs à acquérir." Cette démarche s’inscrit dans une optique métier, le métier étant défini par un ensemble de savoirs et de compétences mis en oeuvre". GRADE. Le comité de suivi de master est le lieu idéal pour une réflexion à mener sur la définition des éléments constitutifs d’une formation diplômante lui donnant le droit de conférer le grade de master. PRES. Les PRES sont le lieu idéal de concertation des projets d’offre de formation des établissements membres. En effet, "si l’offre de formation reste portée par les établissements du PRES, il serait contraire à leurs objectifs qu’un établissement conçoive son offre de formation de niveau master sans concertation avec ses partenaires du site et sans lien avec le potentiel recherche du site". Les établissements d’un PRES ont tout intérêt à coordonner leurs actions de valorisation à l’international également au niveau master, ajoute-t-il.
ORGANISATION ET CONTENU DES DIPLÔMES
GOUVERNANCE. "Un conseil de perfectionnement doit permettre d’associer tous les partenaires de la formation, l’équipe pédagogique, les usagers, les professionnels extérieurs à l’équipe pédagogique ainsi que les représentants des services internes de l’établissement travaillant sur l’insertion. Ce lieu de débat a pour objectif principal de faire évoluer le contenu de la formation ainsi que son organisation pédagogique." ÉVALUATION. L’évaluation doit porter sur les différents aspects de la formation et chaque déclinaison doit être spécifiée : évaluation de la formation elle-même, évaluation des enseignements et évaluation des étudiants. "L’évaluation des étudiants prend en compte la diversité des publics et doit donner une part prépondérante à une évaluation formative ». L’évaluation des enseignements est du ressort "de l’équipe pédagogique", elle "doit s’appuyer notamment sur un questionnement des usagers en situation de formation". Quant à l’évaluation de la formation, "c’est le rôle du conseil de perfectionnement et en aval du Cevu ou de l’instance qui en a les missions au sein de l’établissement". Elle "doit notamment s’appuyer sur des questionnaires auprès d’usagers en situation professionnelle récente et confirmée mais aussi sur des avis externes des employeurs". DOUBLE COMPÉTENCE. Il est proposé qu’une mission de réflexion soit confiée au comité master afin d’étudier "les modalités de mise en oeuvre de la double compétence dans le respect des principes du cursus conduisant au diplôme national de master". "Cette notion correspond à une réalité et un besoin réel qui peine à trouver son mode opératoire au sein du modèle d’un master en quatre semestres", estime-t-il. DOCTORAT. "Il est souhaitable de mettre en place un comité de suivi du doctorat à l’image des autres comités de suivi pour la revalorisation du doctorat." Il est également nécessaire que "les écoles doctorales en tant qu’écoles professionnelles déclinent les savoirs, aptitudes et compétences requis pour préparer un doctorat. Dans cette logique, le doctorat doit pouvoir se décliner en savoirs à acquérir, aptitudes et compétences visées afin d’être inscrit au RNCP." MAÎTRISE D’UNE LANGUE ÉTRANGÈRE. Le master ne doit être délivré qu’après validation de la maîtrise d’au moins une langue vivante étrangère en s’appuyant sur le cadre européen commun de référence pour les langues (niveau B2). Cette validation doit s’effectuer dans un cadre de certification reconnue et ne doit pas induire de surcoûts pour l’étudiant. DÉLOCALISATIONS INTERNATIONALES. "Les établissements qui souhaitent organiser leur formation en dehors de leurs sites d’implantation, que ce soit en France ou à l’étranger, doivent veiller à ce que les étudiants concernés bénéficient d’une formation de même qualité que les autres et de chances comparables d’insertion professionnelle ou de poursuite d’études ». "La demande d’habilitation doit mentionner ces éventuelles formations ’délocalisées’ et préciser pour chacune d’entre elles les dispositifs pédagogiques spécifiques qui permettent d’assurer concrètement l’adossement à la recherche, qui est des critères de qualité des masters." DIVERSITÉ DES PUBLICS. "la formation doit comporter des modalités propres lorsqu’elle s’adresse à des publics en formation continue, en apprentissage ou en alternance". "Les modalités de prises en compte des statuts particuliers d’usagers (étudiants salariés, étudiants en situation de handicap, sportifs de haut niveau) doivent être explicitées notamment en ce qui concerne les stages et mémoires" ajoute-t-il. La VAE, un acquis qu’il faut développer, "constitue une des briques essentielles de l’approche de la formation tout au long de la vie". Dans ce contexte, "il est nécessaire que le master soit de plein droit accessible à travers la VAE".
L’AEF n° 101808 du 26/09/08