Mouvement des jeunes communistes
Refusons la soumission du savoir aux intérêts privés !
Des outils pour comprendre
Lisbonne, printemps 2000. Le conseil européen décide de faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010 ». Il s’agit pour les capitalistes d’asservir la production, la diffusion et le partage du savoir à une seule exigence : la rentabilité. Dans la période 2000-2008, les gouvernements français successifs vont mettre en place trois réformes pour que l’enseignement supérieur contribue à cet objectif : les décrets et arrêtés de la réforme Licence-Master-Doctorat (LMD), la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), et le plan Campus.

Une fois le LMD en place, chaque parcours étudiant est unique : devant l’employeur, l’étudiant doit faire valoir ses « compétences », non plus un diplôme sanctionnant la maîtrise d’un savoir. Parallèlement à cette réforme, le nombre de « licences professionnelles » explose : on y survalorise le savoir-faire plutôt qu’un savoir permettant au futur travailleur de faire progresser son outil de production. Trouver un emploi stable et bien rémunéré ou se reconvertir sur le marché du travail devient bien plus difficile.

Avec la LRU, la gestion de l’Université est construite sur le modèle de l’Entreprise : la gestion de l’immobilier et des ressources revient aux universités elle-même, la majorité des pouvoirs d’administration sont transférés aux présidents qui peuvent d’ailleurs embaucher eux-mêmes des contractuels et attribuer des primes ! L’article 28 de la LRU permet la création de fondations universitaires de droit privé : les universités peuvent transférer à celles-ci tous leurs biens. Elles sont financées par un « mécénat » privé représenté au conseil de gestion. Ainsi, le financement d’entreprises locales par exemple, peut se développer (avec un « juste » retour des universités qui leur fourniront en échange une main d’œuvre spécialisée).

L’opération Campus restructure le supérieur en développant, par regroupement d’universités, dix pôles d’excellence : le principe est de créer autour de la nouvelle université constituée un « cluster », c’est-à-dire une concentration géographique d’entreprises interdépendantes au sein d’un pôle de compétitivité ; les firmes livrant le produit final coopèrent avec les universités et leurs concurrentes. La conséquence est une soumission totale de l’Enseignement et de la Recherche aux intérêts privés dans un domaine particulier. De plus, des inégalités très fortes vont se développer entre les universités qui feront partie de pôles d’excellence et les autres, et donc également entre les étudiants.

Ces réformes sont accompagnées d’un réel dépeçage de la Recherche publique : le démantèlement des organismes comme le CNRS et la main mise du pouvoir politique grâce à l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) sont d’un intérêt capitaliste évident au corollaire grave : remettre en cause l’indépendance des chercheurs et être des freins réels au développement de la Recherche fondamentale.

La mobilisation actuelle pour le statut des enseignants-chercheurs, pour la qualité de la formation des enseignants, pour les conditions de vie et d’étude des étudiants et pour le service public est cruciale pour arrêter ce processus.

Pour permettre un réel partage des savoirs, les étudiants communistes élaborent des propositions pour repenser le triple lien Université – Enseignement supérieur, Université – Travail, Université – Société, avec au cœur des problématiques, la question de la Recherche.

Ensemble, étudiants, enseignants-chercheurs, citoyens, agissons, tout de suite, pour notre émancipation et pour le progrès humain !

Igor Zamichiei, Secrétaire national de l’UEC.


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