La classe dominante brise les espaces de controverse idéologique à l’Université pour renforcer son idéologie dominante en s’accaparant production et diffusion des savoirs. Elle place les étudiants dans un rapport consumériste au savoir : les cours sont assimilés à des prestations de service délivrées par les enseignants. La structuration de l’Université et l’individualisation des parcours renforcent ce processus. Nous voulons opposer à l’assujettissement de l’Université à l’idéologie dominante, une Université qui soit un outil pour placer le pouvoir dans les mains des citoyens et permettre le développement de la vie en société. Cela implique que celle-ci forme les citoyens à l’exercice de leur pouvoir, qu’elle développe une vie universitaire pour enrichir le capital culturel des étudiants et qu’elle irrigue les débats de la société par les débats de la Recherche pour permettre à chacun d’en saisir les enjeux.
Il convient avant-tout d’opérer des transformations dans l’enseignement secondaire et primaire de ce point de vue. D’abord, nous affirmons que le statut d’enseignant-chercheur est indispensable pour une formation de qualité. L’Université ne doit pas se contenter de transmettre des savoirs mais elle doit aussi sans cesse les ré-interroger, les approfondir et par ses recherches, l’enseignant-chercheur se situe à la pointe des connaissances qu’il diffuse aux étudiants : c’est pourquoi, l’enseignant est indissociable du chercheur. Ensuite, nous pensons que permettre un large accès aux différents savoirs est la source d’une culture riche et diversifiée. Il est donc éminemment nécessaire de faire en sorte que chaque filière, chaque enseignement soit assuré de leur pérennité et d’un développement en rapport avec les besoins sociaux. Par ailleurs, la spécialisation à court terme à laquelle est destinée une part toujours croissante de la population étudiante va dans le sens d’une accaparation du savoir par une minorité et donc d’un recul de la démocratie. La démocratie, littéralement « le pouvoir du peuple », ne peut exister sans que chacun soit maître du savoir nécessaire à la prise de décision. Les étudiants communistes veulent renforcer le lien Enseignement-Recherche, permettre le développement d’une pluralité des filières et favoriser l’interdisciplinarité.
L’existence de syndicats, d’associations, d’organisations politiques dans et hors des universités et la part importante qu’y prennent les étudiants, les enseignants et les personnels montrent qu’il est possible de faire de la fac un lieu de rencontre, de débat, ouvert à tous. A chaque fois qu’une organisation tient une initiative, c’est un moment où par la discussion et l’action, s’échangent les idées, les expériences et se construisent les aspirations. Travailler dans une association est aussi un apprentissage citoyen et doit être encouragé comme tel, car il permet la prise et la gestion de responsabilités, la connaissance de questions juridiques et financières, l’apprentissage des pratiques démocratiques, de la démocratie interne... Il faut donc renforcer les moyens aux associations travaillant dans les universités : subventions, locaux etc... Permettre aux étudiants étrangers d’accéder aux universités françaises est également important pour favoriser l’échange des cultures, un échange tant sur les connaissances elles-mêmes que sur le rapport à la société. Il faut avant-tout en finir avec la chasse aux sans-papiers et ouvrir les frontières à tous les individus. Il faut développer les échanges internationaux : bourses de mobilité, égalité en droit entre étudiants français et étrangers... Les étudiants communistes veulent permettre à d’autres expressions du savoir que la forme universitaire de pénétrer dans les murs des universités : la vie associative et culturelle a toute sa place à l’Université. Nous pensons qu’il est primordial de promouvoir l’engagement associatif et d’encourager les échanges culturels.
Il s’agit d’abord de développer la Recherche publique et de la préserver de toute exigence de rentabilité comme nous l’avons affirmé dans la résolution « Construire une Université au service de l’émancipation des travailleurs et des besoins sociaux ». Parallèlement, il est important de populariser l’accès au savoir, il faut vulgariser l’idée selon laquelle la possession de savoirs et la maîtrise de leur expression sont à la base de la démocratie et de la vie en société. L’Université est bien sûr le lieu privilégié de cette connaissance et le premier lieu pour la popularisation des enjeux de la Recherche. En outre, puisque l’étudiant produit du savoir, il doit être reconnu en tant qu’acteur. Il faut démocratiser la Recherche, bien souvent réservée aux étudiants de second cycle et donc, dans les conditions actuelles, aux étudiants les plus aisés. Initier à la Recherche dès le premier cycle semble être une piste intéressante pour porter à la connaissance des étudiants des enjeux qui leur échappent bien souvent. Enfin, de même que nous considérons qu’il est important que l’Université et les étudiants aient toute leur place au sein de la société, nous pensons qu’il faut sortir les campus universitaires de leur enclave actuelle pour élargir le champ de partage des connaissances. L’intégration de l’Université dans la société peut se faire par le biais de débats sur la place publique : faire des places de la ville de nouvelles agora et ainsi déplacer le campus au cœur de la vie sociale et de la vie politique, de la polis en fait. Les étudiants communistes portent l’idée que les débats de société doivent être irrigués par les débats de la Recherche : il s’agit de substituer au débat d’experts univoques une confrontation d’idées qui relève du débat scientifique sur les enjeux réels de tel ou tel choix pour que la démocratie puisse s’exprimer et la société progresser.