Mouvement des jeunes communistes
Evacuation des travailleurs sans papiers ce matin à l’aube
Solidarité avec les travailleurs sans papiers
Le 27 mai, à l’issue de la journée nationale de la mobilisation sur les retraites, près de 2000 travailleurs en grève, exigeant leur régularisation, se sont installés sur le grand escalier de l’Opéra-Bastille, avec notamment le soutien de la CGT.

Depuis, jour et nuit, ils s’y relayaient, malgré l’absence d’abris et de sanitaires, et le difficile ravitaillement de nourriture. Ces travailleurs ont fait le choix de s’exposer à la vue de tous. Ainsi, plus personne ne pourrait ignorer le refus d’Éric Besson de négocier avec les représentants des 6 200 travailleurs d’Ile-de-France en grève depuis sept mois. A leur revendication d’une circulaire nationale fixant des règles claires et objectives de régularisation, le gouvernement répond par le mépris.

Ils ont été évacués par les forces de l’ordre ce jeudi matin à l’aube. Les policiers sont arrivés par le haut des marches et ont répandu du gaz lacrymo avant de procéder à l’évacuation et à des arrestations, non sans violence physique. La Préfecture de Police de Paris a confirmé « l’évacuation de 160 personnes ». La police prétend qu’il n’y a eu aucune arrestation, ce qui n’est que pur mensonge ! Les syndicalistes de la CGT étaient présents pour témoigner de la trentaine d’interpellations qui ont eu lieu ce matin.

Un journaliste de l’AFP qui s’était rendu sur place, a constaté peu après 8h que les lieux étaient vides, et qu’il ne restait plus que des dizaines de couvertures et des sacs de couchage éparpillés. Il a également aperçu un groupe de gendarmes mobiles qui courait derrière un groupe de grévistes dans une rue adjacente.

En France, les travailleurs sans papiers seraient entre 200 000 et 400 000. Ils participent et sont nécessaires à l’activité économique. Souvent ils cotisent aux caisses sociales sans pouvoir en bénéficier et payent même des impôts. Ces dernières années ont vu des milliers d’entre eux briser la loi du silence et de la peur dans laquelle ils étaient maintenus pour se battre et réclamer leur régularisation ainsi que celle de leurs familles.

En refusant obstinément de reconnaître leurs droits de salariés et en les maintenant dans la terreur de brutales arrestations et expulsions, contre eux et leurs familles, le gouvernement, une fois de plus joue le jeu des patrons qui embauchent chaque année ces travailleurs, dans des conditions scandaleuses. L’action de ce matin démontre bien l’hypocrisie de ce gouvernement, qui fait le choix d’entretenir et maintenir le travail clandestin en France.

Nous ne tolérons pas que des travailleurs soient contraints d’accepter des conditions scandaleuses de travail, par crainte de ne pas pouvoir subsister ou d’être expulsés, pour par la suite être stigmatisés hypocritement pour des besoins obscurs de campagne électorale.

Nous condamnons fermement l’action de ce matin, et nous exigeons la libération et la régularisation sans condition de tous les travailleurs et étudiants !

Marion Guenot,

Secrétaire à la communication


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