Ne les laissons pas faire, construisons ensemble l’Alternative !
L’Université Française est en pleine mutation. Après plusieurs années de réformes successives, appliquées à marche forcée contre l’avis de la communauté universitaire, l’Enseignement Supérieur est en train de changer...
Avec le LMD, c’était le contenu de nos formations qui était dérèglementé. Avec les PRES, c’est la Recherche qui échappe peu-à-peu à tout contrôle de la communauté universitaire. Avec la LRU, c’est le fonctionnement même des universités qui change, « l’autonomie » étant synonyme d’affaiblissement des leviers démocratiques, et surtout de dérégulation des budgets et d’ouverture aux financements privés. Prises dans leur ensemble, toutes ces réformes vont dans un même sens : rendre les étudiants vulnérables sur le marché du travail en individualisant les parcours, « privatiser » la Recherche et la Formation, réserver les meilleurs diplômes à une élite. Bref, mettre l’Université au service du Marché.
Notre Région compte près d’un tiers des étudiants du pays, et parmi les meilleures installations de recherche. C’est donc une proie de choix pour la classe dominante, qui aimerait la remodeler selon ses besoins. Nous vous présentons ici les grandes lignes du projet de la Droite, décrypté et décortiqué. Et parce qu’après les grandes mobilisations des dernières années, nous sommes en devoir de construire ensemble une Alternative, nous avançons également des propositions pour construire l’Université du 21ième Siècle, au service de toute la Société...
Nanterre-la Défense, fac
d’affaires :
L’ensemble des contenus de
nos formations est de plus
en plus adapté aux besoins
immédiats du Marché, et ce
au détriment de la valeur à
long terme de nos diplômes.
Paris X sera ainsi
directement liée au centre
d’affaire de la Défense...
Un Quartier Latin réaménagé... où
se côtoieront élitisme et
concurrence :
Il s’agirait d’en faire la « vitrine » de
l’Université française, où seraient
dispensées les meilleures formations.
Revers de la médaille : des
changements de statuts sont à l’oeuvre,
faisant présager d’un retour à la
sélection à l’entrée, d’augmentation des
frais d’inscription, et de fermeture des
cycles Licence en Sciences Humaines...
Destruction de la Cité-
U d’Anthony :
Ce sont ainsi près de
2000 logements étudiants
qui seront rayés de la
carte. Et ce alors que
seuls 3% des étudiants
de la Région trouvent un
logement CROUS !
Des transports en
pointillés :
Chaque jour, la majorité
des étudiants font plus de
30min de transport. Le
coût et la distance sont
bien souvent synonyme
de sélection sociale, et
les projets de « Grand
Paris » ne feront
qu’aggraver la situation.
Une « Silicon Valley » sur le plateau de Saclay :
Dans le cadre de l’Opération Campus, 850M d’€ y sont consacrés
(41% de l’enveloppe accordée en Ile-de-France), pour seulement
8% des étudiants de la Région ! Et tout cet argent va servir à
développer un « pôle de compétitivité », où la Recherche sera
entièrement soumise aux intérêts immédiats du Marché !
Le projet de la Droite est un projet au service du Marché. La Recherche est mise au service des entreprises, donc de la rentabilité immédiate au détriment de la Recherche fondamentale et de la satisfaction des besoins de l’Humanité. D’autre part, le contenu de nos formations tend à être adapté aux impératifs économiques immédiats, au détriment de la valeur durable de nos diplômes. Enfin, même les bâtiments construits le seront au profit de grandes entreprises, par le biais de Partenariats Public-Privé (qui coûtent plus cher à la collectivité...).
Le projet de la Droite est injuste et inégalitaire. Avec la logique des pôles de compétitivité, seule une minorité pourra bénéficier d’installations de pointe, et la grande majorité du territoire est laissée à l’abandon. L’insuffisance criante des CROUS en logements et en budgets sociaux, doublée du coût et du temps de transport, permettent à la sélection sociale « d’écrémer » les étudiants.
Et du coté du Centre-Gauche...
Du coté du PS et des Verts, les positions sont ambigües. Tant sur les prises de positions politiques que sur les actes menés dans les collectivités locales, le constat est partagé. D’un coté, nous tirons un certain nombre de constats communs, au niveau des difficultés sociales. Des actions positives quoiqu’insuffisantes sont menées par les Socialistes, principalement au niveau du Logement étudiant. De l’autre coté, la plupart accompagnent la politique de « privatisation » des Universités et de la Recherche, n’ayant visiblement pas de projet d’ensemble. Trop souvent, les collectivités « de Gauche » se rangent derrière les projets du gouvernement, pôles de compétitivités soumis aux intérêts privés et générateurs d’inégalités, au lieu de jouer un rôle de contre-pouvoir soutenant les résistances et construisant l’alternative...
Des Transports pour tous !
En développant les liens banlieues-banlieues,
en renforçant le réseau existant et en
généralisant à toute la Région les tarifs des
zones 1&2, nous voulons véritablement faire
du déplacement un droit pour tous !
Un grand plan de
rénovation
Pour en finir avec le
délabrement et l’insuffisance
de locaux, nous voulons
évaluer l’ensemble des
besoins de rénovation avec
les acteurs universitaires, et
mettre en oeuvre l’ensemble
des travaux qui s’imposent.
Mise en OEuvre d’un Plan
Social Étudiant
Pour en finir avec la
sélection sociale, nous
voulons réinvestir
massivement dans les
CROUS. Rénovations et
constructions de logements
à proximité des lieux
d’études, augmentation du
budget restauration,
ouverture d’épiceries
sociales... Permettront de
faire baisser le coût des
études.
Une Recherche à la
hauteur du 21ième
siècle !
Développer une
recherche
déconcentrée, en lien
avec la formation, et
agissant dans une
logique de coopération
et non de concurrence
est un impératif pour
satisfaire les besoins
de la société du
21ième siècle !
Des Formations de qualité !
Nos formations doivent nous
permettre d’entrer dans la vie
active avec toutes les armes en
main. Pour cela, nous voulons de
vraies qualifications cohérentes,
qui soient reconnues dans les
conventions collectives, et non
une somme de « compétences » !
Un projet au service de la Société : Pour nous, l’Université doit être un lieu de production, de diffusion et de partage des Savoirs, au service de toute la société. La communauté universitaire doit disposer des outils de contrôle démocratique sur ses établissements, de même que la société toute entière doit fixer les grandes priorités de la Recherche, en lien avec les chercheurs. Nous devons permettre une réelle appropriation sociale des questions de Recherche, qu’elles deviennent l’affaire de tous pour mieux répondre aux besoins de chacun. Enfin, l’Université doit nous permettre de devenir des travailleurs émancipés, et non aliénés et exploités.
Un projet équilibré et ambitieux :
Nous ne voulons laisser personne de coté, tant géographiquement que socialement. L’Ile-de-France est une région vaste, et nous voulons un Enseignement Supérieur qui s’intègre harmonieusement sur le territoire. Il faut en finir avec ce système à plusieurs vitesses, et permettre enfin l’Égalité d’accès à la formation et au Savoir !
Pour la Droite, le Savoir est une marchandise / Pour les communistes, le Savoir est un bien commun,
Pour la Droite, il faut former des salariés jetables et précaires / Pour les communistes, il faut former des travailleurs émancipés,
Pour la Droite, la Recherche doit servir la Rentabilité,/ Pour les communistes, la Recherche doit ëtre au service des besoins humains,
Pour la Droite, la reproduction sociale est légitime, Pour les communistes, il faut mettre fin aux inégalités sociales,
Pour la droite, l’Université doit être au service du Marché ! / Pour les communistes, L’Université est au service de toute la Société !
Après deux années de mobilisations, il y a urgence. Urgence à rassembler, pour structurer les résistances et élaborer les alternatives. Dans cet objectif, nous défendons la tenue d’États Généraux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, regroupant l’ensemble des acteurs de la communauté universitaire ainsi que de la collectivité. Le projet qui en découlera pourra ainsi servir de base à de plus larges combats, tant à l’Université qu’en dehors... A l’échelle francilienne, où le réaménagement de l’Enseignement Supérieur se poursuit à marche forcée, il y a urgence à organiser ce type d’évènement, pour permettre une compréhension d’ensemble de ce qui se passe, pour construire une alternative, et pour mener les combats qui s’imposent au coude à coude !
Nous voulons des États Généraux !
Tout ça, c’est possible !
Contrairement à ce qu’on nous répète à toute heure, l’argent existe. Seulement, il n’est pas dans les bonnes poches... Voilà seulement deux pistes :
Supprimer les exonérations d’impôts
pour les plus riches permettrait de
dégager près de 60 Milliards d’€ par an.
Nationaliser les banques dans un pôle
publique financier permettrait d’utiliser
les Milliards qui sont en dépôt pour
investir utilement, et non plus pour
spéculer au profit d’une minorité (et au
détriment de la majorité).
Comme on le voit, les solutions existent...