Le mardi 02 novembre, l’Assemblée Générale des Étudiants de Saint-Étienne ont voté la grève, avec comme moyen d’action, le blocage et l’occupation pour la nuit du site de Tréfilerie. Le soir même, un Conseil d’Administration de l’Université s’est tenu, octroyant les pleins pouvoir au président de l’Université pour qu’il y rétablisse l’ordre et la discipline.
Selon le Nouvel Obs, les étudiants "ont été évacués sans résistance du site Tréfilerie, (...), où ils avaient passé la nuit, (...). Les cours ont repris normalement, en présence de forces de l’ordre aux entrées de l’université."
Sans résistance. Effectivement, comment des étudiants pourraient-ils opposer une forte résistance à des coups de matraque, des fouilles au corps et interpellations ? C’est pourtant pour "rébellion face à agent de la force publique" que sera arrêté l’un de nos camarades, Dimitri Paraskevaïdis, alors qu’il tentait de rejoindre des camarades isolés par un cordon de CRS.
Les étudiants communistes condamnent fermement cette politique de criminalisation du mouvement étudiant, qui est hélas devenue pratique courante dans nos Universités. Des Universités où le président a désormais tous les pouvoirs pour faire le coup de force, et combattre toute tentative de réunion, de volonté des étudiants de s’organiser par eux-mêmes, en faisant appel à la police et aux fermetures administratives.
L’action coup de poing de ce matin n’est qu’une imposture. Une imposture qui repose sur la volonté de diviser les étudiants entre eux, et de stigmatiser pour dissuader au plus grand nombre de se mobiliser.
Les cours ont repris normalement ? A 15h, les entrées étaient toujours bloquées par les forces de l’ordre, qui contrôlaient l’entrée des étudiants, au faciès. La même journée, les actions coups de poing menées par des groupuscules d’extrême-droite (locaux syndicaux dépouillés à Angers, attaques de piquets de grèves au gaz lacrymo à Grenoble) allaient bon train, mais manifestement, personne n’y voit d’atteinte à la sécurité des étudiants ; ni les présidences, ni le gouvernement.
Nous soutenons les étudiants et enseignants qui s’élèvent contre de telles pratiques, et appelons à amplifier et renforcer la mobilisation.
La police qui décide qui a le droit d’entrer à l’Université ou non, une image symptomatique de la France en 2010 !
Marion Guenot
Secrétaire Nationale de l’UEC