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Santé

 
 

 

Nombreux sont les rapports qui montrent que nous n'avons pas les moyens de se soigner correctement. Ainsi, près d'un tiers d'entre nous ne vont pas chez le dentiste ou l'ophtalmologue car trop coûteux, près de 25% prennent des antidépresseurs ou autres médicaments permettant de faire face à la pression des études. 15 % d'entre nous ont déjà renoncé à des soins par manque de moyens. Quand 51% des étudiants ont pour attitude d'attendre que ça passe plutôt que de soigner, c'est le signe d'un véritable problème d'accès à la santé pour les étudiants.
Et on constate que cette situation est encore plus dramatique pour les étudiants les plus précaires. Ainsi, ils sont 20% à renoncer à des soins. Le nombre d'étudiants n'ayant pas les moyens d'avoir une mutuelle complémentaire a explosé passant de 7% en 2002 à 19% en 2011. 
 
Certaines mutuelles de santé destinées aux étudiants et qui gèrent dans le même temps notre sécurité sociale (les SMER..), sont des entreprises privées qui ont signé un partenariat avec l’État. 
Un des plus graves problèmes réside dans le fait que nos soins ne sont pas remboursés intégralement par la Sécurité sociale. Ainsi, ces mutuelles de santé proposent leurs services pour les frais non pris en charge par la Sécu. C'est à ce niveau que l'argent se fait. 
Que ce soit avec la mutuelle des parents ou celles de la fac, elles sont trop chères pour bien des étudiants qui n'en prennent donc pas. Mais quand on sait que ce sont logiquement les plus précaires qui se soignent moins, on est dans un cercle vicieux.
 
Le gouvernement avait essayé à la rentrée d'instaurer une taxe sur les frais de santé pour nous faire payer la crise. Là encore, il s'agit de s'attaquer aux plus faibles plutôt qu'à ceux qui font leur business sur notre précarité !
 
Chaque année, les plannings familiaux sont de plus en plus nombreux à être menacés de fermeture, faute de moyens. Leurs subventions par l'état ont baissé de plus de 40% en 2009, pour être réduites à peau de chagrin aujourd'hui. Cette politique revenant silencieusement sur le droit des femmes à disposer librement de leur corps sont soutenues et précédées par les regroupements de forces réactionnaires anti-avortement. Se présentant comme les garantes de prétendues valeurs morales, ces collectifs prônent en réalité le retour d'un modèle social où les femmes ont le choix entre l'isolement, la précarité et le recours à des méthodes barbares. 
 
Parce que nous prônons le droit de choisir dans nos discours comme dans nos actes, nous continuons à lutter pour la revalorisation des plannings familiaux ainsi que l'accès gratuit à une contraception de qualité ; mais aussi de crèches publiques dans les Universités pour permettre aux jeunes mères d'étudier dans les meilleures conditions.
 
L'étudiant doit avoir droit à une couverture santé, et à un accès à celle-ci. Nous défendons la prise en charge totale des dépenses de santé par la Sécurité Sociale Étudiante, et les mutuelles ne doivent être vues que comme des outils coopératifs de transition, a l'image des « œuvres universitaires ». Nous combattons les politiques qui veulent institutionnaliser l'existence de mutuelles et d'assurances complémentaires privées, quand-bien même leurs financements seraient publics : les logiques de marchés nuisent à l'efficacité et augmentent les coûts pour la collectivité, dans le domaine de la Santé plus qu'ailleurs.
 
Nous partons du principe que se soigner et avoir accès à la santé est un besoin primordial et premier pour tout être humain. C'est pourquoi nous demandons à ce que ces besoins soient sortis des logiques de marché et soient pris en charge par l’État en lien avec les étudiants. 
 
Ainsi, la création d'une Sécurité sociale qui prenne en charge les remboursements des soins dans leur intégralité est nécessaire. Il faudra à terme en finir avec les mutuelles.
Enfin, nous devons nous battre pour un vrai service de prévention. En effet, le travail fourni aujourd'hui est largement insuffisant pour les étudiants.